Alors qu'il est considéré comme indésirable à l'UMP, Patrick Buisson reçoit régulièrement Laurent Wauquiez. En outre, la ligne droitière du secrétaire général de l'UMP fait dire à ses détracteurs qu'il est devenu un "bébé Buisson".
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L’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy n’a pas forcément la cote à l’UMP. Considéré comme responsable en grande partie de la défaite de 2012, Patrick Buisson a finalement reçu la palme du pestiféré lors de l’éclatement de l’affaire des enregistrements secrets.

Dans un entretien publié ce jour dans Le Monde, le maire du Puy en Velay explique toujours consulter l’ancien directeur du journal Minute. "Je n’ai pas décidé d’arrêter de le voir, car tout le monde lui tire dessus" explique le secrétaire général de l’UMP. "Je ne fais pas preuve de lâcheté comme d’autres, qui font comme s’ils ne le connaissaient plus alors qu’ils le courtisaient quand il était puissant" poursuit le quadragénaire pour justifier cette particularité.

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Si l’intéressé qualifie le terme de "bébé Buisson" de "caricatural" selon L’Obs, force est de constater que la ligne qu’il prône est diamétralement opposée à celle de la "bobo" NKM. Outre les batailles de personnes, c’est sur cette fracture idéologique que se cristallise la guerre entre Nathalie Kosciusko-Morizet et Laurent Wauquiez. La candidate malheureuse à la mairie de Paris ne s’en cache pas. Vendredi 5 décembre elle déclarait sur RTL que Laurent Wauquiez était coupable d’une "faute morale" en faisant le choix de la droitisation de l’UMP.

Par ailleurs, Laurent Wauquiez lui aussi n’a jamais caché "l’estime" qu’il avait envers Patrick Buisson. En 2012 déjà, il se refusait à lui faire porter le chapeau de la défaite, à l’inverse de NKM ou d’Alain Juppé, saluant l’œuvre de cet homme "qui a contribué à faire bouger les lignes à l’intérieur de notre famille politique".

C’est via son conseiller politique, l’ancien journaliste Nicolas Diat, que Laurent Wauquiez se serait rapproché de celui à qui l’on a reproché de chasser sur les terres du Front National. Patrick Buisson aurait ainsi imprimé sa marque dans le discours du secrétaire général de l'UMP. L’acte de naissance de cette empreinte Buisson se situe en mai 2011 quand celui qui était alors considéré comme un modéré proche de l’héritage de Jacques Chirac surprenait en dénonçant "le cancer de l’assistanat".

De surcroît, c’est bien grâce sa ligne droitière qu’il a fini par s’imposer au secrétariat général. En s’abstenant de contredire Nicolas Sarkozy sur l’abrogation de la loi Taubira, Laurent Wauquiez a marqué des points là où Nathalie Kosciusko-Morizet défendait une position moins clivante quitte à contredire et affaiblir le candidat à la présidence du parti.

En cela, il est permis de le dire, Laurent Wauquiez est bien un "bébé Buison".

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