La radio publique allemande a récemment annoncé que pendant trois ans, les services secrets d’outre-Rhin auraient espionné le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. Une révélation jugée "désagréable" par le numéro 2 du gouvernement. Plus de détails.

La radio publique allemande a jeté un pavé dans la mare en révélant mercredi que les services de renseignement extérieur allemands (BND) avaient espionné Laurent Fabius. Selon les informations du média d’outre-Rhin, entre 2008 et 2011, les appels téléphoniques et emails du ministre français des Affaires étrangères auraient ainsi été lus et écoutés et ce, pour le compte de la NSA, l’équivalent américain du BND. Une révélation d’autant plus dérangeante qu’Angela Merkel avait déclaré en 2013, juste après avoir appris que son téléphone portable avait été placé sur écoutes par la NSA : "l’espionnage entre amis, ça ne se fait pas du tout".

"Quand on apprend ça, c’est très désagréable"Mais le numéro 2 du gouvernement ne serait pas la seule personnalité à avoir été espionnée par le BND. La radio publique allemande évoque en effet plusieurs autres hauts dignitaires, parmi eux : des membres de la Cour pénale internationale (CPI), de, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’Unicef, du FBI américain et même Hansjörg Haber. De nationalité allemande, ce dernier a d’abord dirigé la mission d’observation de l’Union européenne en Géorgie entre 2008 et 2011 depuis Bruxelles, avant de reprendre les commandes de la mission de l’UE en Turquie. Son "espionnage" est d’autant plus dérangeant que la Constitution allemande interdit l’espionnage de ses ressortissants. "L’affaire ne s’arrêtera donc pas là", a souligné France Info. "L’examen des sélecteurs du BND va encore durer des mois afin de clarifier pourquoi, quand et combien de temps étaient branchés les sélecteurs et qui a été dans le détail mis sur écoute", a également précisé la radio allemande.

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De son côté, Laurent Fabius a rapidement réagi aux révélations de la radio publique allemande en déclarant : "On va se rapprocher des Allemands. Quand on apprend ça, c’est très désagréable". En juin dernier, avant que le nom de Laurent Fabius soit cité dans cette affaire, le président François hollande avait affirmé : "Les Etats-Unis sont nos alliés, cela suppose que nous soyons respectés". "La chancellerie affirme vouloir tirer au clair les accusations contre les services secrets et rappelle que l’espionnage d’Etats partenaires ne fait pas partie des missions du BND", a par ailleurs rapporté RFI.

En vidéo - Laurent Fabius aurait été écouté par les services secrets allemands

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