"La gauche a adopté les mots de la droite" : quand Royal défend Taubira... à sa manièreAFP
Ce jeudi, Ségolène Royal a affirmé que les propos polémiques de l'interview de Christiane Taubira parue dans "L'Obs" avaient été "retiré(s) de (leur) contexte". Un constat que l'intéressée n'a même pas établi.

Madame Je-sais-tout ? Ce jeudi soir, sur le plateau du Grand Journal, Ségolène Royal était invitée à réagir à la récente interview de Christiane Taubira. Un entretien accordé à L'Obs qui a immédiatement fait polémique, tant les dires de la garde des Sceaux sont abrupts. Si cette dernière n'a pas contesté qu'on lui prête de tels propos, sa collègue du ministère de l'Ecologie l'a fait pour elle, relève Le Lab. Cette phrase a été "retirée de son contexte", s'est bornée à répéter Ségolène Royal sous les yeux des téléspectateurs de Canal +.

A lire aussi -Christiane Taubira sur les attaques dont elle est victime : "Quand je pleure, je pleure dans ma chambre"

Publicité
Publicité

Des propos chocs, mais voulus ?

Ségolène Royal n'a semble-t-il pas imaginé ne serait-ce qu'une seconde que sa consœur puisse avoir tenu ce genre de propos, en tout cas pas dans un tel contexte. Il faut dire que dans les colonnes de L'Obs, Christiane Taubira n'y va pas de main morte. "La gauche a subi depuis une dizaine d'années des défaites culturelles et sémantiques terribles. La gauche a adopté les mots de la droite – c'est une faute – parce qu'elle a cru qu'elle devait constamment démontrer ses capacités gestionnaires. Elle a renoncé à l'idéal, aux utopies".

Si, en résonnant ainsi, la ministre de la Justice était dans son bon droit, la ministre de l'Environnement ne l'a pas entendu de cette oreille. Ce dernière a donc répété à cinq reprises, selon les comptes du Lab, que la phrase avait été "retirée de son contexte". De son côté, Jean-Michel Apathie a tenté de contredire la socialiste, en vain.

A lire aussi -Ségolène Royal : "ingérable" selon des membres du gouvernement

Le désaccord des ministres

Les affirmations de l'invitée cachaient en réalité le profond désaccord des deux ministres. Si Christiane Taubira estime qu'en calquant certains points sur la droite, la gauche a fait une erreur, Ségolène Royal défend que la démarche était nécessaire. "Je dirais même le contraire. Je pense que la gauche a laissé trop longtemps un certain nombre de mots à la droite, comme la patrie, comme le mot nation, que d'ailleurs j'ai repris", a affirmé l'ancienne candidate à la présidentielle. Issue d'une famille de militaires qu'elle n'a jamais cachée, Ségolène Royal y est allée de son petit chauvinisme : "J'ai réapproprié à la gauche la question de la nation, la question de la patrie, la question du drapeau français, La Marseillaise aussi". 

Vidéo sur le même thème - Taubira, Montebourg... Les propos fusent, la gauche se dissout