Contraint à quitter la présidence de l'UMP suite au scandale Bygmalion, le désormais ex-président du parti d'opposition doit pour un temps tourner la page. Planet.fr dresse la liste des mots-clés qui pourraient résumer le destin de Jean-François Copé.

 © AFP

La vie est principalement faite d'épisodes marquants, de lieux symboles ou de références fondatrices. La trajectoire unique de celui qui était en 1995 "le plus jeune député de France" est également marquée par une série d'épisodes que Planet.fr a décidé de diviser en dix mots-clés.

1. Meaux

Fief électoral de l’ancien président de l’UMP, c’est dans cette ville de Seine-et-Marne que le jeune Jean-François Copé va mener ses premières batailles dès 1995, alors âgé de 31 ans. La ville de Meaux joue un rôle central dans le destin du président déchu. A titre d’exemple son directeur de cabinet à la mairie nommé en 1997 est un certain Bastien Millot. Son nom ne vous dit rien? Il est l’un des fondateurs de la société Bygmalion...

2. Chirac

Quand la guerre fait rage entre Jacques Chirac et Edouard Balladur, il choisit, à bon compte, le camp corrézien.  En prenant position dans cette lutte fratricide, Jean-François Copé comprend très tôt la violence des guerres intestines. Il est alors un chiraquien de la première heure. Cela lui vaudra d’être récompensé en 2002 quand son mentor le nommera successivement, porte-parole, secrétaire d’État puis ministre du Budget. Quel camp avait choisi Nicolas Sarkozy déjà en 1995 ?

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3. Piano

Valéry Giscard d’Estaing taquinait l'accordéon, Jean-François Copé le piano. Chaque année, il participe au festival "Musik’elles" organisé dans sa ville. Bossa Nova ou Jazz, le maire de Meaux enchaîne les notes pour le plus grand plaisir des meldois qui sont attachés à ses prestations publiques. Cela lui permet également de casser l’image dure qu’il entend incarner avec le courant droitier qu’il a inspiré à l’UMP.  

4. Zorro

Don Diego de la Vega est le personnage préféré de Jean-François Copé qui voit dans Zorro un héros qui "combat l'injustice et dénonce ce qui montre, à l'évidence, des faits qui n'ont rien à voir avec la réalité". La pugnacité du personnage l’inspire également : "il tombe très souvent de cheval, mais se relève à chaque fois" disait-il. Avait-il prophétisé son sort lié à l’affaire Bygmalion ?

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5. Assemblée

Étape indispensable à toute ascension politique qui se respecte, le palais Bourbon n’est de prime abord pas une réussite pour Jean-François Copé. Tout démarre bien en 1995, il est élu député dans la circonscription de Seine-et-Marne mais la dissolution de l’assemblée décidée par Chirac (décidemment) aura eu raison de son siège qu’il perdra en 1997. Quand Nicolas Sarkozy est élu en 2007, son ralliement tardif lui sera reproché et ne sera pas nommé au gouvernement. Il obtient la présidence du groupe UMP à l’assemblée. Un lot de consolation qu’il prend alors comme une humiliation.

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6. Réseau

Le maire de Meaux est membre de deux sociétés secrètes, l'une française, et l'autre internationale. Ainsi, il appartient au club "Le Siècle", créé en 1944 et accueillant régulièrement des représentants des milieux dirigeants de la société française. Il appartient également à la "Commission Trilatérale", créée en 1973, regroupant 300 à 400 personnalités d'Europe occidentale, d'Amérique du Nord, et d'Asie pacifique pour promouvoir et construire une coopération politique et économique entre ces trois zones clés du monde.

7. Plus belle la vie

Même si beaucoup l’ignorent, le père de l’ancien président de l’UMP est acteur. Et il semblerait que son jeu ait plu aux scénaristes de la série culte de France 3, puisqu’ils ont décidé de faire revenir son personnage. Ironie, l’homme joue un ancien membre du parti communiste. Mais cela n’a pas profondément choqué Jean-Fançois Copé. A ce propos, le père donnerait-il des cours de dramaturgie à son fils ?

8. Pain au chocolat

Pour être président de la République, il doit présider le parti. C’est alors qu’à l’issue de la défaite de Nicolas Sarkozy 2012, il rentre en campagne. Il choisit contre François Fillon une stratégie droitière qui l’emmènera à l’épisode du "pain au chocolat". Expression malheureuse ayant vocation à dénoncer le "racisme anti blanc", celle-ci va profondément diviser au sein même de son parti. Le concert d’invectives entre copéistes et fillonistes démarre.

9. COCOE

Inutile de rappeler les termes qui se cachent derrière l’anagramme, il est autant absurde que l’issue chaotique du duel Copé/Fillon. En novembre 2012, l’UMP offre le spectacle désolant d’un parti composé d’ambitieux qui se disputent les dépouilles d’une UMP qui était jusque-là au pouvoir. Au bord de l’implosion, le parti verra Jean-François Copé accéder à la présidence du parti d’opposition. Cette étiquette de président controversé ayant truqué les élections, à son avantage lui sera constamment rappelé. Le mauvais score de l’UMP enregistré aux Européennes et la démission qu’il a présentée hier découlent de cette guerre fatricide qui n’en finit plus rue Vaugirard.

10. Bygmalion

C’est l’épreuve la plus grave de toute sa carrière. Il est suspecté d’avoir favorisé ses amis, d’avoir maquillé des dépenses normalement allouées à la campagne présidentielle, d’avoir été au courant des "fausses factures" voire pire, d’en être le signataire. Après avoir critiqué "les allégations" du Point et porté plainte pour "diffamation", Jean-François Copé a fait machine arrière mais il était trop tard. Il a dû présenter sa démission de la présidence de l’UMP qu’il avait obtenu dans des conditions déjà douloureuses. Reste encore une question : remontera-t-il à cheval ?

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