Le député-maire de Drancy a été élu à la tête de l'UDI jeudi soir. Peu connu du grand public, il est pourtant une figure importante du centrisme depuis près de dix ans maintenant.
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Jean-Christophe Lagarde a été élu nouveau président de l’UDI ce jeudi, à la suite d’une campagne haute en couleur avec 53,49% des voix. Celui qui succède à Jean-Louis Borloo, parti pour des raisons de santé il y a six mois, devra tout mettre en œuvre pour fédérer les centristes. Car le maire de Drancy avance souvent à contre courant.

Il faut attendre les élections municipales du 11 mars 2001 pour que le jeune centriste, alors âgé de 33 ans, devienne maire. Il est élu à Drancy, en Seine-Saint-Denis, dès le premier tour avec 50,84% des voix, mettant fin du même coup, aux 66 ans de règne communiste dans la ville. "Les élus du PC ont d’abord cru que les électeurs s’étaient trompés de candidat… ", confiait-il à ce sujet en 2012.

Un an plus tard, il devient député de sa circonscription sous les couleurs de l’UDF. En 2004, il est le seul député de sa formation à s’opposer à un élargissement de l’Union Européenne, estimant qu’intégrer de nouveaux pays rendrait l’UE plus difficile à gouverner. Il se fait remarquer tour à tour sur le Traité européen de 2005 dont il rejoint les tenants du "non" et lors des émeutes en dénonçant une ghettoïsation d’une partie de la population.

À ce titre Jean-Christophe Lagarde est un farouche défenseur de sa commune. Au point qu’au fil des élections municipales, le score du centriste ne fait que progresser, précise Le Point. Cela lui vaut entre autre d’être considéré comme un clientéliste par ses opposants. Une image qui est ressortie durant les élections pour la présidence de l’UDI.

Après avoir été le porte-parole de François Bayrou lors de la campagne présidentielle de 2007, il décide de quitter le Modem pour rejoindre le Nouveau Centre. Jean-Christophe Lagarde devient le numéro deux du parti peu de temps après.  Depuis cette ascension fulgurante, Hervé Morin, qui est à l’origine du Nouveau Centre, voit d’un mauvais œil cet "ambitieux".

C’est une des raisons qui, en janvier 2012 alors que la campagne présidentielle bat son plein, pousse le maire de Drancy  à se désolidariser d’Hervé Morin. Estimant que le patron du Nouveau centre n’a pas les épaules d’un candidat, il s’en va soutenir Nicolas Sarkozy. Deux ans plus tard, le propos est plus nuancé.

"Je respecte Nicolas Sarkozy mais n’ayant été ni son affidé, ni son ministre, je me sens donc totalement libre" expliquait-il avant sa campagne selon Europe 1. Jean-Christophe Lagarde s’est en effet montré distant avec l’ancien président de la République, s’appuyant notamment sur le fait qu’Hervé Morin ait été un ancien ministre du leader de droite, pour gagner un peu plus de voix.

En juillet 2012, il fonde son propre parti, baptisé Force européenne démocrate qu’il joindra au grand rassemblement des centristes présidé par Jean-Louis Borloo, l’UDI. Aujourd’hui, ils nombreux à remettre en cause l’élection de Jean-Christophe Lagarde.

Au vu des récentes adhésions à l’UDI juste avant le scrutin, le député-maire est soupçonné d’avoir monnayé des voix en échange d’avantages dans sa propre commune ou encore d’avoir soudoyé des électeurs dans l’Hérault. "Compte tenu du fiable écart de voix et du contexte si particulier que certain on relevé, je laisse à chacun le soin de tirer les conclusions qu’il entend de ce scrutin", a déclaré à ce sujet Hervé Morin, repris par Le Figar o.

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