TRIBUNE - A l'approche de l'élection présidentielle, la notion d'impôts sur les plus riches pourrait revenir dans le débat politique. Thomas Carbonnier, avocat fiscaliste, apporte ses éléments de réponse à Planet.
Impôts : plutôt que de taxer les riches, il faut faire un effort sur la dépense budgétaire de l'EtatIstock
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Thomas Carbonnier est avocat fiscaliste, associé au sein du Cabinet Equity Avocats. Il interroge la nécessité d'augmenter les impôts - notamment pour les Français les plus riches - à l'issue de la crise sanitaire.

Après la crise sanitaire et le quoiqu'il en coûte, le débat sur l'impôt et la mise à contribution des Français a-t-il sa place ? 

Le quoiqu’il en coûte répondait à une stratégie gouvernementale pour tenter de sauver l’économie tout en essayant de contenir la propagation de l’épidémie à l’aide de mesures restrictives de libertés. Cette stratégie sanitaire a été jugée peu efficace notamment par Pr. John Ioannidis (Univ. Stanford, médecin-chercheur le plus cité au monde, expert OMS). Selon l’Académie de Médecine française, le virus COVID-19 pourrait s’enraciner durablement dans notre paysage. Les vaccins déployés se révèlent hélas moins efficaces qu’attendus et les mesures de soutien à l’économie sont issues d’un budget dont le fond est limité par les ressources tirées d’une activité économique meurtrie.

La mise sous perfusion de l’économie a permis de masquer l’explosion de la demande d’aide alimentaire. Les fractures sociale et économique existantes ont été largement accrues par la crise. Certains très hauts fonctionnaires et journalistes TV aux rémunérations stratosphériques véhiculent l’illusion que la situation financière des plus précaires et des petits chefs d’entreprises est restée intacte grâce à la stratégie du quoiqu’il en coûte. N’étant que peu affectés financièrement, ils relaient une idéologie digne de la propagande soviétique et ne perçoivent qu’une part de la réalité, celle issue de rapports administratifs chiffrés froids et déshumanisés.

Les cafés du quartier St Germain des Près sont toujours aussi agréables pour nos élites de tous bords (médecins-chercheurs médiatiques, politiciens, acteurs de cinéma, journalistes TV et de nombreux autres Sans Difficultés Financières). Il y est aisé de ne pas percevoir les réalités des populations moins aisées qui effectuent jusqu’à 1h30 de transport en commun ne serait-ce que pour aller étudier à l’université, faire un stage ou faire des ménages pour nourrir une famille. Malheureusement, la rue de rennes à Paris offre une réalité inquiétante : de nombreuses boutiques sont définitivement fermées. Même l’emblématique boutique Cartier à St Germain des Près a fini par baisser le rideau ! Dans le même temps, le matin à l’ouverture, il y a une file d’attente importante devant la boutique Hermès.

Le quoiqu’il en coûte a permis de distribuer de l’argent frais à de nombreuses sociétés commerciales qui ne pourront probablement jamais rembourser cet argent. Si le quoiqu’il en coûte a probablement permis à certains acteurs économiques d’éviter la détresse respiratoire, elle favorisera certainement celle des contribuables français dans leur ensemble. Un accroissement de la pression fiscale de manière générale et indifférenciée ne me paraît pas être une solution adaptée à une reprise économique durable.

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