Le 21 décembre 2017, l’Assemblée nationale a définitivement adopté plusieurs nouvelles règles concernant les futurs impôts, notamment la hausse de la CSG et la "flat tax". Pour chaque cas particulier, seule une étude adaptée peut faire le bilan : il est facile de trouver des explications détaillées ici ou là. Mais le bilan global, lui, est limpide.

L’augmentation de la CSG va frapper lourdement les retraités "aisés", notamment ceux qui ne sont pas concernés par la suppression de la taxe d’habitation. Selon moi, cet aspect de la nouvelle législation ne serait pas le plus scandaleux si l’argent ainsi prélevé était bien utilisé.

Ce qui est plus grave, c’est la pression fiscale effectuée à l’encontre des classes moyennes "aisées" en activité rémunérée, y compris les familles ; c’est-à-dire, selon moi, l’avenir de la France, car ce sont elles qui peuvent s’opposer à la dictature des plus riches et qui peuvent faire monter, globalement et par osmose, le niveau de vie de chaque Français.

La fiscalité des plus pauvres en activité rémunérée ne va pas être alourdie sensiblement ; c’est au niveau de la précarité que va se situer l’oppression des plus faibles ; les "dégraissages", individuels ou collectifs, sont facilités ; les plafonds de dédommagement en cas de licenciement sont beaucoup trop bas pour les employés en poste depuis de nombreuses années ; les chômeurs vont être soumis à des contrôles de plus en plus stricts dont le premier but sera de les sortir des chiffres officiels du chômage : quand on est au fond du trou, on n’a même plus la force de s’astreindre à des démarches dont on sait qu’elles seront inutiles.

Enfin, et surtout, la "flat tax" constitue un cadeau scandaleux offert, sans contrepartie, aux très riches. Ajoutée à la suppression de l’impôt sur la fortune, sauf sur l’immobilier, cela éclaire l’orientation globale de la gouvernance Macron : accentuer le pouvoir des plus riches. Ceux-ci possèdent la plupart des médias, y compris ceux dont on peut croire qu’ils sont indépendants. C’est pourquoi, les médias essaient de nous faire croire que les très riches vont faire bénéficier l’ensemble de l’économie de leur surcroît de richesse : cette hypothèse est absurde et absolument contraire à toute l’histoire de l’Humanité ; plus les très riches sont puissants, plus ils sont avares, inconscients et égoïstes. Emmanuel Macron aurait pu, au minimum, différencier les bénéfices réinvestis, qui peuvent être une source de croissance, des dividendes versés aux actionnaires qui constituent, automatiquement, une source d’appauvrissement pour l’entreprise concernée. De plus, Macron se garde bien de demander aux multinationales leur part saine d’impôts.

La droite qui a choisi l’opposition, celle de Laurent Wauquiez comme celle de Marine Le Pen, ne sera crédible que si elle adopte une attitude claire et précise en ce qui concerne l’imposition des très riches et des multinationales.

Bonne année quand même, mais restez lucides, surtout après les grandes vacances.