L'antenne de ce département ultramarin, situé à Paris, a fermé ses portes en mars dernier. Elle a été épinglée par la Chambre régionale des comptes pour des activités commerciales illégales.
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Il est souvent dur pour les départements d’Outre-mer d’être visible au-delà de leurs frontières. Parfois cette volonté vire au désastre. C’est le cas de l’ambassade de la Réunion, installée rue Renard, près du Centre Georges-Pompidou. Cette "vitrine de l’âme réunionnaise", où se trouvait un service administratif et une boutique de produits locaux, s’est révélée être un véritable "gouffre financier", rapporte Le Monde. Elle a donc du fermer ses portes.

L’ambassade réunionnaise : au cœur des incohérences

La Chambre régionale des comptes (CRC) de La Réunion-Mayotte a fait une surprenante découverte. L'ambassade est un nid d'incohérences. Tout d’abord, la structure ne figurait pas dans l’organigramme de la collectivité, alors qu’elle était rattachée au cabinet de la présidence. De plus, cette antenne était chargée des "missions administratives et sociales". Mais ce n'est pas tout. 

Dans le rapport de la CRC, c’est une "activité limitée" qui est dénoncée, ainsi que des salariés livrés à eux-mêmes. "L’absence de projets de service et d’orientations stratégiques est source de dysfonctionnements", détaille le rapport. 

Ambassade réunionnaise : une activité financière douteuse

Pour l'achat de l'immeuble, la collectivité avait déboursé 6,2 millions d’euros. 2,6 millions d’euros ont ensuite été investis dans les travaux. Ce montant avait déjà surpris certains élus locaux à l'époque, précise d'ailleurs Le Monde

Face à des pertes de plus en plus conséquentes, l’assemblée départementale a voté plusieurs subventions en 2018, pour un montant total de 715 000 euros. Une pratique illégale selon le code général des collectivités territoriales. En effet, "les budgets des services publics à caractère industriel ou commercial doivent être équilibrés en recettes et en dépenses sans subvention du budget principal du département", rappelle la CRC.

"Des denrées alimentaires d’origine animale ou végétale", ont été vendues sans déclaration préalable, obligatoire pour les contrôles sanitaires. Le département n’a également pas respecté le code des marchés publics. Des "commandes fractionnées" auraient été effectuées auprès d'un fournisseur et d'un transporteur. Une pratique qui entre en contradiction avec le principe de mise en concurrence, obligatoire au-delà du seuil réglementaire de 25 000 euros.

Le rapport révèle également des recrutements sans base légale, des congés plus longs que la normale ainsi que des conflits internes.