Edith Cresson, première femme à avoir été chef du gouvernementsous Mitterrand, a-t-elle brûlé le passage auxautres femmes après elle ?

Marie-Christine Dalloz : Selon moi, elle n’a pas vraiment agi comme un obstacle pour les autres femmes. Nous avons eu de très bonnes ministres au cours de la mandature précédente et je pense même que, s’il y avait eu un remaniement, l’une d’entre elles auraient pu accéder au poste de chef du gouvernement.

Isabelle Bruneau : Non, Edith Cresson n’est pas responsable du fait qu’après elle plus aucune femme n’a été nommée Premier ministre. Je pense plutôt qu’on l’a sacrifiée en lui donnant des dossiers très lourds. C’était alors un moyen pour les hommes du gouvernement de ne pas en porter la responsabilité en cas d’échec et je trouve ça injuste.

Réjane Sénac : Rendre Edith Cresson responsable du fait qu’après elle aucune femme n’ait accédé au poste de Premier ministre en France revient à renverser les responsabilités. La responsabilité du traitement sexiste des femmes politiques et de l’exclusion des femmes du pouvoir est sociale et non individuelle. Le traitement médiatique de la candidature de Ségolène Royal à l’élection présidentielle en 2007 est significatif de cette tendance à délégitimer les femmes en politique en les renvoyant à leur physique et à leur vie privée. François Hollande, son ex-compagnon, n’a lui pas été amené à se positionner par rapport au bien-être de ses enfants et ce, alors qu’il en avait lui aussi quatre et que c’était les mêmes …

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