Quand l'extrême droite s'habille des vêtements de l'écologie ou de la gauche sociale

Dès lors qu'il s'agit de convaincre, explique Christophe Bouillaud, l'extrême droite se fait championne en récupération. Quand elle a jeté son dévolu sur les thématiques du féminisme, elle n'en était pas à son coup d'essai. Loin s'en faut, puisqu'elle parvient même à se revendiquer de la République ! Un coup de maître, déplore le politologue. 

"L'extrême droite est un mouvement politique qui a pour vocation l'arrêt du cours du temps. Hélas pour elle, passé un certain moment le retour en arrière devient impossible. Il y a alors scission entre la frange qui accepte le changement tout en voulant mettre un terme au cours de l'Histoire à l'instant T et celle qui continue à prôner inlassablement le même rejet de l'évolution. La République fait partie de ces sujets sur lesquels l'extrême droite a dû avancer pour rester électoralement pertinente. Pourtant, certains de ses partisans refusent toujours de manger de ce pain-là", analyse le chercheur, qui enseigne à l'Institut d'Etudes Politique (IEP, Sciences-Po) de Grenoble, non sans faire référence à Action Française. "Un mouvement que connaît bien l'un de nos ministres", rappelle-t-il d'ailleurs. "Il y a deux cents ans, l'extrême droite rejetait avec vigueur l'idée de République ou le drapeau tricolore. Elle sait cependant que face au fait accompli révolutionnaire, il n'est pas possible de demeurer tout à fait statique. Tant et si bien que la voilà qui se retrouve à prétendre défendre ce qu'elle refusait de toute ses forces par le passé", assène-t-il encore.

Dorénavant, cette famille politique s'est choisi des combats un peu plus récents. Elle  essaye, par exemple, de créer une "écologie d'extrême droite". Sans grand succès. 

"Toute cette construction repose sur quelques idées bien précises : le localisme, les ‘valeurs éternelles de la France', de son paysage ou le rejet des éoliennes. Il s'agit aussi de s'en prendre à l'écologie politique et aux partis qui s'en revendiquent. Seulement, dans ce cas précis, l'ennemi est un peu trop évanescent pour parvenir à retenir l'électeur d'extrême droite qui reste généralement très attaché à son diesel ou la chasse. C'est pour cela que cela ne prend pas aussi bien", indique encore le chercheur. Pourtant, la stratégie globale fonctionne. Il y a bel et bien eu un "basculement du vote ouvrier vers la droite et surtout vers l'extrême droite", rappelait Le Monde en 2019. Dès lors, une question demeure : à qui la faute ?

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