Bien que très à droite, le candidat à la présidentielle est la cible de l'extrême droite, sur Internet, qui l'appelle "Farid Fillon". Un sobriquet pour signifier la supposée complaisance de François Fillon envers l'islam radical. 

Il y avait "Ali Juppé", il y a maintenant "Farid Fillon". C’est ainsi que l’extrême droite, connue aussi sous le terme de "fachosphère" sur Internet, surnomme François Fillon, représentant de la droite à l’élection présidentielle de 2017.

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Pourquoi un tel sobriquet ? Pour marquer la supposée complaisance de l’ancien Premier ministre à l’égard de l’islam radical. Une photo semble à l’origine de ce surnom. Sur celle-ci on peut voir François Fillon en compagnie de Salih Farhoud, recteur de la mosquée de Stains (Seine-Saint-Denis), qui fait aujourd’hui l’objet d’une fermeture administrative depuis le 2 novembre dernier. Elle aurait accueilli des islamistes, dont certains auraient voulu commettre des attentats terroristes en France. L'entourage de François Fillon avait dans un premier temps dénoncé un photomontage, avant qu'une vidéo ne soit exhumée, prouvant que la rencontre entre les deux hommes avait bel et bien eu lieu.

D’autres éléments sont reprochés à François Fillon, tels ses propos en 2009 où il se disait favorable à la construction de minarets à condition qu'ils s'inscrivent de "façon raisonnable et harmonieuse" dans l'environnement des villes.

Autre fait reproché : l’inauguration en 2010 de la mosquée d’Argenteuil, l’une des plus grandes de France, quand il était Premier ministre. Une première alors pour un chef de gouvernement. La présence alors d’une fillette voilée n’a pas manqué d’être notifiée par la "fachosphère".

Beaucoup de sympathisants FN relaient ces caricatures

Une mouvance très organisée sur le net, et qui s’est dotée d’un compte parodique "Farid Fillon", sur lequel elle publie des informations tendant à faire croire que François Fillon est complice des islamistes. Et ce, malgré le fait que le candidat victorieux de la primaire de la droite ait publié le livre Vaincre le totalitarisme islamique dans lequel il tire la sonnette d’alarme sur le communautarisme.

Difficile de savoir quelles personnes se cachent derrière ces comptes qui diffusent ces informations. Néanmoins, après un rapide tour sur les réseaux sociaux, on se rend compte que ce sont principalement des sympathisants du FN qui publient des commentaires avec le mot-clé #FaridFillon. Sans doute une manière de déstabiliser le candidat de la droite, principal adversaire de Marine Le Pen pour 2017.

La riposte du clan Fillon s'organise

Contactée par Planet.fr, Florence Portelli, porte-parole de François Fillon, explique que cette campagne de diffamation est "un épiphénomène amplifié par Twitter". "Personne ne peut croire qu'il y ait une collusion entre François Fillon et les islamistes et même au Front national, cela crée des remous. Il n'y a qu'à voir les déclarations de Gilbert Collard et Louis Aliot d'un côté, et celle de Florian Philippot de l'autre", nous indique-t-elle.En effet, Florian Philippot a dit que le FN n’était pas derrière cette campagne de dénigrement envers François Fillon, plaidant la liberté d’expression des internautes. Le lendemain, Louis Aliot, a lui déploré ces attaques : "Internet est devenu un lieu d'anarchie, tout le monde se fait insulter, je le déplore. C'est un peu minable, on n'a pas besoin de ça pour attaquer François Fillon."

Si la campagne "Farid Fillon" est un épiphénomène, l'équipe de François Fillon s'apprêterait toutefois à riposter dans les jours suivants en publiant une page anti-intox sur le site du candidat, indique le Huffington Post

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