Faire face

Nous sommes dans le recueillement après les attentats qui ont de nouveau ensanglanté la France. Le rassemblement de tous les Français et l’unité nationale sont plus que jamais nécessaires. Les Français, dans l’épreuve, sont d’une dignité impressionnante. L’idée de résistance est en chacun de nous dans le calme et avec une froide détermination. Nous ne laissons pas impressionner.

Mais l’unité ne doit pas signifier l’aveuglement ni le rassemblement, le silence. Car il est à craindre que nous ne nous trompions, une fois de plus. Comme nous nous sommes trompés dans notre histoire. Dans les années 30, alors que le nazisme se développait, nous en appelions au désarmement, à la sécurité collective et à la SDN. Un président du conseil français déclarait avec véhémence lorsque Hitler violait tous les traités et remilitarisait la Rhénanie (1935) : "Nous ne laisserons pas Strasbourg à la portée des canons allemands". Oui mais voilà ! Cinq ans après, les canons étaient au pied de la tour Eiffel.

Aujourd’hui, j’ai peur que nous ne refassions les mêmes erreurs. Soyons clairs : nous les refaisons tous et il n’y a pas là une question politique. Il n’y a pas là une question de majorité et d’opposition. Nous sommes tous (ou presque) dans l’erreur.

Erreur de sémantique, lourde de sens, lorsqu’on parle "d’acte de guerre" comme pour mieux montrer notre détermination. Non, ce ne sont pas des actes de guerre car même la guerre n’autorise pas tout et notamment de s’attaquer à des civils. Ce sont des actes de barbarie.

Erreur car lorsque nous parlons d’état de guerre, nous ne nous donnons pas les moyens de la faire.

Erreur lorsque nous pensons organiser notre sécurité autour des concepts de surveillance et de protection face à ceux qui nous menacent comme si l’on refaisait une virtuelle ligne Maginot.

Erreur quand nous pensons que l’on peut surveiller plusieurs milliers d’individus en permanence.

Erreur dans nos choix de politique étrangère quand nous refusons une réelle alliance avec la Russie (comme nous l’avions refusée dans les années 30).

Erreur encore, quand nous faisons mine de croire que quelques frappes aériennes suffiraient à neutraliser Daesh ?

Erreur dans notre naïveté à accueillir des flux incontrôlés de réfugiés alors que l’adversaire en profite à l’évidence pour s’infiltrer sur le territoire européen.

ERREUR !

Et la question lancinante revient alors en boucle. Mais, que faire ? Osons le dire, il est déjà bien tard. Ne nous leurrons pas, ce conflit est long, très long, et son issue est incertaine. Mais ce qui est sûr, c’est que nous n’en sortirons pas si nous ne changeons pas rapidement notre logiciel de pensée.

Voilà les douze mesures que je propose pour un changement complet de stratégie :

1) Déchéance de nationalité pour tous ceux qui sont partis en Syrie avec interdiction de revenir sur le territoire national.

2) Déchéance de nationalité pour tous ceux convaincus de proximité avec les organisations terroristes.

Non seulement pour les binationaux mais aussi pour les nationaux, ce qui suppose notamment de dénoncer la convention sur l’apatridie et quelques autres textes de droit international.

3) Expulsion du territoire national pour les déchus de la nationalité française.

4) Rétablissement de l’indignité nationale avec la possibilité de privation de biens.

Ces mesures ont déjà été prises en France, notamment par la Révolution Française lorsque la patrie était en danger et par le gouvernement du Général de Gaulle à la Libération.

5) Rétablissement des contrôles aux frontières et notamment le contrôle effectif des aéroports.

6) Renforcement des moyens de la Justice, des services de renseignement et des forces de sécurité avec un réel maillage territorial aujourd’hui insuffisant.

7) Action de la France pour une refonte complète de Schengen, des moyens enfin donnés à Frontex et en urgence l’adoption du PNR toujours en discussion.

8) Arrêt de l’immigration incontrôlée et expulsion des étrangers en situation irrégulière.

9) Création d’une garde nationale avec incitation pour les jeunes, en lien avec les collectivités territoriales.

10) Renforcement des politiques de prévention, d’insertion et de civisme.

11) Révision de la politique étrangère de la France au Moyen-Orient et mise en œuvre d’une politique d’aide au développement concrète à l’image de ce qui est engagé actuellement par Jean-Louis Borloo.

12) Révision de la Constitution et loi d’exception pour permettre et encadrer ces dispositifs.

Je me trompe peut-être. Mais je ressens l’impérieuse nécessité de le dire car il faut que quelqu’un le dise. Dans un esprit de résistance, dans le rejet de l’esprit de Munich, pour la République et pour la France.

En vidéo sur le même thème :La France riposte aux attentats et rend hommage aux victimes

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