A six mois de la prochaine élection présidentielle, la vie privée des candidats s'invite de plus en plus dans la campagne. Un phénomène qui ne surprend pas Alexandre Duyck, l'auteur de "La République des rumeurs". Explications. 

Planet : On parle de plus en plus de la vie privée des candidats à la présidentielle de 2017. Cela vous surprend-il ?

Alexandre Duyck* : "Non pas du tout car il y a aujourd’hui une forte demande du public d’un côté et de l’autre, des politiques qui acceptent plus facilement d’aborder publiquement ce pan de leur vie. Regardez l’émission de Karine Le Marchand sur M6 : ce type de programme télé était inimaginable il y a encore quelques années. Mais désormais, les politiques n’hésitent plus à s’asseoir sur un canapé et à déballer leur vie privée. Tous ceux qui ont été invités par la journaliste ont accepté, sauf Benoît Hamon. On dit même que François Hollande avait l’intention d’y aller s’il avait été candidat à sa propre succession. En effet, s’il n’a jamais clairement accepté l’invitation, il ne l’a pas non plus clairement refusée.

Planet : Il semble désormais impossible de réussir à cacher un enfant comme François Mitterrand dans les années 1970…

Alexandre Duyck : L’émergence des réseaux sociaux n’aide pas à la protection de la vie privée. Nous vivons dans une époque où les secrets sont de plus en plus difficiles à cacher. Bien avant la sortie du numéro de Closer montrant François Hollande à scooter rue du Cirque, les journalistes Fabrice Lhomme et Gérard Davet ont rencontré Nicolas Sarkozy dans le cadre de l’écriture de leur livre ‘Un président ne devrait pas dire ça’. A ce moment-là, les premières rumeurs sur la liaison du président commençaient à circuler et l’ex-chef de l’Etat leur a conseillé de creuser de ce côté. Mais les deux journalistes ont refusé, arguant que cette affaire relevait de la vie privée et n’avait pas à être traitée. Quelques mois plus tard, Closer sortait l’information... Aujourd’hui, certains réflexes de préservation de la vie privée des politiques perdurent mais ils ont la vie dure et ne prévalent pas à chaque fois.

Planet : Il semble que la vie privée des politiques et les rumeurs sont étroitement liées…

Alexandre Duyck : J’écris dans mon livre qu’on ne peut pas faire de la politique sans être visé par des rumeurs et que l’on en vient souvent à en colporter à son tour. La rumeur est inhérente à la politique. Elle est souvent liée à l’argent, à la sexualité et aux enfants cachés. Dernièrement, des bruits ont ainsi couru sur les préférences sexuelles d’Emmanuel Macron et François Fillon. C’est complètement idiot. Mais ils ne sont pas les seuls à avoir été visés par de telles rumeurs, bien d’autres politiques avant eux l’ont également été.

Planet : Quelle est selon vous la meilleure stratégie à adopter pour se prémunir de ces rumeurs ?

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Alexandre Duyck : On note que de plus en plus de politiques gèrent la communication de leur vie privée en organisant de fausses paparazzades. Cela a notamment été le cas d’Emmanuel Macron qui a fait la Une de magazines l’été dernier. Souvenez-vous quand il apparaissait en Une de Paris Match à la plage avec sa femme. C’était un pari osé mais cela semble lui avoir profité : son image n’en a pas pâti, il a donné aux médias ce qu’ils voulaient tout en maîtrisant ce qu’ils publiaient et en même temps, cela ne l’a pas empêché d’accorder d’autres interviews plus sérieuses".

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