Vladimir Poutine-Emmanuel Macron : rapprochement impossible ou facilité par les Etats-Unis ?

Ce n’est pas la première fois que ministres et présidents français s’activent en coulisse pour permettre un rapprochement entre la France et la Russie. Sous la mandature Sarkozy, un plan de paix établi entre l’Elysée et le Kremlin - à l’époque dirigé par Dmitri Medvedev - a contribué à mettre fin à la deuxième guerre d’Ossétie du Sud, rappelle Slate.Un peu plus tard, en 2010, Emmanuel Macron vend un navire de classe mistral au Grand Ours. Il s’agit du premier contrat d’armes franco-russe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, indique Marcel Van Herpen, directeur de la Cicero Foundation dans un document à charge contre le chef d’Etat français. En décembre 2014, François Hollande a entrepris un voyage à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine, après l’avènement d’importantes tensions entre les deux pays, suite à l’annulation d’un contrat d’armes, après l’annexion de la Crimée, note Le Point. Pour autant, jusqu’à présent, l’intégralité des tentatives de rapprochement se sont soldées par un échec. Une situation qui pourrait d’ailleurs perdurer, assure Cyrille Bret.

"Un réel rapprochement franco-russe a peu de chances d’aboutir. Les obstacles sont trop nombreux pour construire une relation durable. Il faut prendre en compte les divergences structurelles comme l’intangibilité des frontières russes, constatée après l’annexion jugée illégale par la France de la Crimée ou l’élargissement de l’Union Européenne et de l’OTAN qui est perçu comme une réelle menace par la Russie", rappelle l’enseignant à Sciences-Po, qui pointe aussi du doigt "la différence fondamentale de régime politique". "Cette dernière engendre un certain nombre d’incompatibilités entre la France et la Russie. L’Hexagone prône un respect des libertés fondamentales et des droits publics, ce que les dirigeants russes vivent comme une grave ingérence dans leur politique intérieure", ajoute l’universitaire.

"A mon sens, ce rapprochement n’est pas aussi improbable que pouvaient l’être les précédents", analyse de son côté Eric Denécé. "S’il est validé par les Etats-Unis, il se fera. C’est mécanique", estime-t-il. Non sans tempérer, cependant : "Certes, des obstacles demeurent et pourraient être susceptibles d’entraver un rapprochement. Si Donald Trump change finalement d’avis, Emmanuel Macron ne pourra pas sympathiser davantage avec Vladimir Poutine. L’autre danger provient d’ailleurs du mépris que le président russe éprouve à l’égard des occidentaux et particulièrement les Européens, qu’il juge aux ordres des Etats-Unis, à l'image d'auxiliaires en somme. L’antagonisme des russes à l’égard des nations de l’Occident est particulièrement fort et constitue un frein non-négligeable", assène le directeur de recherches. Et lui d’ajouter : "sur ce sujet, finalement, Emmanuel Macron n’a que peu à dire : sa volonté n’a pas de réel impact. Ce sont les mastodontes qu’il faudra faire bouger".

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