Il n'a de cesse, depuis son élection, de s'attaquer à la droite. Emmanuel Macron, qui vient d'ailleurs de réussir son OPA sur l'ancien parti de Nicolas Sarkozy, souhaiterait siphonner plus encore son rival…
AFP

Emmanuel Macron : pourquoi il veut achever la droite française ?

"On a eu la confirmation que 2017 n'était pas un accident de l'histoire et que les deux tours jumelles de la vie politique française, droite et gauche, sont mises à bas. Il restait encore quelques étages à droite mais aujourd'hui les deux sont complètement effondrées", assènent sans hésitation les équipes de l'Elysée dans les colonnes du Journal du Dimanche (JdD). Le fait est qu'Emmanuel Macron a réussi son OPA sur la droite mais, à en croire les informations de l'hebdomadaire, il est loin d'en avoir terminé avec sa rivale. Après la cuisante défaite de la liste conduite par François-Xavier Bellamy aux élections européennes, certains ministres du président de la République n'ont d'ailleurs pas hésité à tirer davantage sur l'ambulance. Sébastien Lecornu, par exemple, exhorte les élus Les Républicains à quitter leur parti. "L'offensive se poursuit", écrit d'ailleurs David Revault d'Allones.

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L'idée est simple : Emmanuel Macron entend asphyxier la vie politique, de telle sorte à devenir la seule et unique alternative à Marine Le Pen. "Le président de la République est indéniablement en mesure de capter l'électorat de droite modérée, qui composait la colonne vertébrale historique des Républicains — celui laissé en héritage par Jacques Chirac", souligne Olivier Rouquan, politologue, conférencier et enseignant-chercheur en sciences politique. Pour autant, selon lui, le chef de l'Etat n'a pas su bipolariser le monde politique. "Certes, deux pôles politiques majeurs – La République en Marche et le Rassemblement national – se distinguent clairement. Pour autant, il faut rappeler que près de 50% de l'électorat continue de voter pour d'autres listes et il faut prendre en compte la forte abstention qui sévit élection après élection", explique-t-il.

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Une stratégie qui, selon Jean Petaux, n'a rien de très étonnante. Le politologue et enseignant-chercheur à l'Institut d'Études Politiques (IEP) Bordeaux pointe d'ailleurs du doigt une certaine contradiction du président… "Ce type de manoeuvre n'a rien de neuf : les gaullistes le faisaient déjà avec le PCF. André Malraux le disait lui même : entre le parti du général et les communistes, il n'y avait rien selon lui. Il renvoyait donc à quantité négligeable toutes les autres formations politiques pour organiser un duel avec un parti spécifique. Ce que firent également François Mitterrand et François Hollande avec le Front National. Finalement, c'est une recette très coutumière, qui n'est pas sans rappeler l'ancien monde…", rappelle-t-il.