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Pour renforcer la décentralisation de la région, le président propose un "pacte breton". Il l'appelle d'ailleurs à garder son "esprit de conquête".

Emmanuel Macron : son étrange relation avec la Bretagne

"Les Bretons, c’est la mafia française", a déclaré Emmanuel Macron au Saint-Père, lors de sa visite au Vatican, le 26 juin 2018. "Oui, mais pour le bien", a-t-il enchaîné face au sourire gêné du pape François, comme l’indique Closer. Si sa boutade a dérangé certains, Bretons ou non, ce n’est pas la première fois que le président de la République leur témoigne une attention particulière.

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Et pour cause ! La semaine passé, le chef de l’Etat s’était rendu à Quimper. Il y avait alors tenu un long discours, pendant plus d’une heure et demi. Pour l’occasion, la principale place de la ville avait été interdite au public.

Dans ce discours presque uniquement consacrée à une seule région, Emmanuel Macron a invité la Bretagne à conserver "l’esprit de conquête", particulièrement sur les plans maritime et agricole. Et parce qu’il la perçoit comme une "région exemplaire qui réussit ce qu’elle entreprend", il lui a proposé un "pacte breton" pour renforcer la décentralisation, rapporte France 3 Régions.

Devant les élus bretons qui écoutaient son allocution, le chef de l’Etat a pourtant indiqué "ne pas à un débat théorique" en matière de décentralisation rapporte le site d’information.  Mais, sans perdre de temps dans des "débats abscons sur la décentralisation des compétences", il encourage une "décentralisation de projets". "Nous devons investir dans les territoires dans objectif offensif. Et, je voudrais faire de la Bretagne ce laboratoire", insiste-t-il, avant de reprendre expliquant qu’il s’agit d’un "pacte girondin, un pacte breton".

En pratique, cette mutation voulue par le président de la République ne sera pas possible sans modifier l’article 72 de la Constitution,souligne Ouest-France. Or, une révision constitutionnelle est prévue cet été. Un nouvel article 72 pourrait donc ouvrir le droit à "un principe de différenciation territoriale", justifiant des traitements différents pour deux collectivités de même strate. "Vous avez déjà anticipé le vote positif de cette révision. Jean-Michel le Boulanger, vice-président de la Région Bretagne, travaille sur les perspectives d’une différenciation en Bretagne", a continué le président. D’après les informations de Ouest France, cette nouvelle forme de décentralisation impliquerait davantage d’autonomie pour la région.

La Bretagne, un laboratoire de décentralisation ?

Le constat que fait le président n’est pas neuf : il abordait déjà la possibilité de ce "pacte girondin" lors de sa campagne présidentielle. Et, à terme, il pourrait ne pas concerner que la Bretagne. Il faut, selon lui, "adapter notre organisation collective entre l’Etat et les Régions, rompre avec une vision jacobine". "Tous les territoires n’ont pas les mêmes atouts. Nous devons nous adapter, penser une nouvelle étape de la décentralisation", poursuit Emmanuel Macron. 

Face à la possibilité de mener cette réforme en dehors des seules frontières de la Bretagne, certains observateurs pointent du doigt un risque, souligne Ouest France : celui de "mettre à mal l’unité des territoires de la République". D’autres estiment en revanche qu’une telle réforme ne suffira pas à donner une réelle autonomie aux régions.