Emmanuel Macron et la suppression de l’ENA : une volonté de faire le buzz ?

Pour le politologue Olivier Rouquan, il ne faut pas nécessairement lire dans les récentes annonces d’Emmanuel Macron une contradiction. "La décision de supprimer l’ENA vise avant tout à permettre un débat, nécessaire par ailleurs, sur la réforme de la fonction publique", estime-t-il.

"Or, dans une société de communication comme la nôtre, il est nécessaire de créer un électrochoc pour bousculer l’opinion et en retenir l’attention. Évoquer la suppression de l’ENA permet précisément de faire le buzz", poursuit-il non sans rappeler qu’Emmanuel Macron n’est pas un utilisateur plus assidu de la symbolique que les autres présidents de la Vème République.

Publicité

"En la matière, il y avait deux maîtres : Charles de Gaulle et François Mitterrand. Tous les autres chef de l’Etat se sont inspirés de ces deux-là et force est de constater que la marge d’innovation d’Emmanuel Macron est assez faible", estime le chercheur, avant de noter : "La conférence de presse qu’il a donnée le 25 avril demeure un exercice assez convenu".

Publicité

"La suppression de l’ENA ne vise pas qu’à faire symbole. Il y a aussi un autre objectif beaucoup plus politique, que le chef de l’Etat n’aborde pas", alerte cependant Christophe Bouillaud pour qui démanteler l’école nationale d’administration c’est aussi "mettre à mort l’idée du service public". "S’assurer que, dans les grands corps de l’Etat, tout le monde est passé par le privé c’est aussi s’assurer que ces individus n’adhèrent plus nécessairement aux valeurs que représente le service public. Un ensemble d’idées dont, semble-t-il, ce gouvernement souhaite se débarrasser", prévient l’enseignant.