Emmanuel Macron et Bruno Frappat

Dans le petit monde journalistique, Bruno Frappat est une référence ; que cette éminence ait consacré deux chroniques à Emmanuel Macron est donc un événement en soi.

La première "humeur du jour" est parue dans le journal La Croix du 21-22 octobre : Bruno Frappat s’y interroge sur le "mystère Macron" ; comme il le note dans sa deuxième intervention, datée des 28-29 octobre, la conclusion du premier article est extrêmement favorable à notre Président : c’est la France qui est un "vieux pachyderme" et Emmanuel Macron ne peut pas le "pousser tout seul". Or, selon Bruno Frappat, "macroniste de la première heure", ce premier article lui a valu une volée de protestations issues de lecteurs indignés qu’on ose formuler un "début de réserve" sur le style Macron.

Ce témoignage, car c’en est un, me semble tout à fait significatif du climat médiatique actuel. Le plus souvent, les commentaires concernant notre président portent sur la forme. Que signifient les symboles affichés lors de son allocution ? Est-ce qu’il communique suffisamment souvent ? A-t-il assez de charisme ? Etc. Si l’on en croit Bruno Frappat, le seul fait de s’interroger ainsi est, pour certains, un crime de lèse-majesté : autrefois, on appelait cela le culte de la personnalité.

Mais l’essentiel est ailleurs. Ce qui intéresse le Français moyen, dont je suis, c’est une analyse précise, juste mais sans concessions, sur les véritables décisions du "gouvernement Macron" et sur ce qu’on peut espérer dans l’avenir. Or, là, selon moi, c’est un peu la disette. Il est vrai que le quotidien Ouest-France, journal modéré s’il en est, a osé émettre des doutes sur l’utilité de la suppression de l’ISF. Mais, comme chacun sait, une hirondelle ne fait pas le printemps. De plus, justement, on passe à l’heure d’hiver ; j’ose espérer qu’il ne faudra pas attendre le printemps avant que certains médias ne sortent de leur hibernation.

Les opposants, eux, de Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, en passant par Laurent Wauquiez, tirent à boulets rouges ; c’est leur rôle ; mais leur challenge est surtout de présenter un programme alternatif crédible, ce qui est loin d’être gagné.

Admettre des étudiants à l’université par tirage au sort était évidemment inacceptable ; toutefois, la proposition actuelle du gouvernement me semble une usine à gaz coûteuse et irréaliste. Par contre, permettre aux étudiants d’accéder au régime général de sécurité sociale sans les obliger à choisir une "mutuelle étudiante" est, évidemment, une excellente initiative. À croire que les seules bonnes décisions du gouvernement consistent à annuler des directives antérieures débiles.

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