Devoir d'unité et d'action

Le président de la République a été, lundi au Congrès, à la hauteur de la situation.

À Versailles, dans cet immense hémicycle chargé d'histoire, se dégageait  l'émotion d'élus du peuple, fiers d'agir ensemble pour leur pays.  Notre France a su montrer une nouvelle fois le visage de la solidarité et du courage. Ce chauffeur de taxi français, d'origine algérienne, musulman pratiquant, me contait fièrement l'exploit qu'ils réalisèrent avec une dizaine d'autres chauffeurs en ce 13 novembre noir pour notre patrie. Ils extirpèrent de la zone du drame des centaines de citoyens pris pour cibles de la folie djihadiste. Une marche arrière sur 900 mètres, sous les crépitements des balles, répétée des dizaines de fois pour sauver des vies. Et tous ces citoyens qui s'improvisèrent secouristes, infirmiers, qui garrotèrent, pansèrent, réconfortèrent. Notre belle France frappée au cœur trouva l'énergie du désespoir et résista.  Élus du peuple, nous devons aujourd'hui nous montrer à la hauteur de toutes ces énergies positives en refusant la facilité de l'affrontement politicien.  En dehors de quelques collègues, une poignée, restés ostensiblement assis ou les bras croisés, députés et sénateurs réunis, nous avons sincèrement applaudi l'adresse du président de la République au Congrès. Nous avons ressenti une belle force, collective et unitaire, en chantant la Marseillaise sous les lambris du château de Versailles.  L'heure est grave. J'invite tous ceux qui prononcent le mot guerre, dont je suis, à se montrer dignes des Français en ces instants. La polémique est bannie.Que les Français n'acceptent pas, qu'au détour des élections régionales, des oppositions artificielles soient entretenues cyniquement.Qu'ils sanctionnent ces comportements inadmissibles d'où qu'ils viennent.  Je salue l'inflexion assumée hier par le chef de l'Etat. Sur la politique de sécurité intérieure comme sur la diplomatie.  Je salue le "coup de gueule" à l'endroit de nos partenaires européens qui se baignent de mots mais n'agissent pas à nos côtés contre le terrorisme.  Depuis des mois je répète, inlassablement, en commission de la Défense comme sur tous les plateaux de télévision, que nous sommes en guerre. Au risque de lasser. J'appelle, avec 52 parlementaires de droite et de gauche, à la mobilisation d'une Europe passive contre l'Etat islamique. En vain.  Je demande depuis des mois que chaque pays européen engage dans cette guerre, des hommes, des matériels ou à défaut, des financements. Le président a eu raison de taper du poing sur la table. Le ministre de la Défense de lui emboîter le pas.  Je salue l'inflexion assumée hier sur la diplomatie à l'endroit des pays de la région, de la Syrie en particulier, mais aussi de la Russie. Hiérarchisons nos ennemis et exigeons de tous nos partenaires qu'ils en fassent de même. L'Etat Islamique doit être rayé de la carte.  Avec de nombreuses voix, notre ancien président de la République et notre ancien Premier ministre notamment,  je réclame  depuis des mois une grande coalition, de l'Atlantique à l'Oural.  Sans succès. La voilà pleinement assumée. Je m'en félicite. A nous de la construire. Et chaque ancien président de la République, chaque ancien Premier ministre, chaque ancien ministre des affaires étrangères doit y aider l'actuel gouvernement.Le pouvoir en place doit donc le leur demander. Je salue l'inflexion en matière d'armes de sécurité intérieure. Déchéance de nationalité des terroristes, fermeture des lieux de prêches radicaux, multiplication des mesures administratives rendues possibles grâce à la déclaration d'urgence, dont je voterai bien sûr la prolongation.  Il y a six mois, après la décapitation atroce de Grenoble, je réclamais des mesures en urgence.

Les voici, pour partie, mises en œuvre. Veillons à leur application. Allons plus loin. Exigeons des comptes. Mais par pitié, ne critiquons pas ce que nous avons nous- mêmes demandé.  Je salue à cet égard, la reprise de la proposition de la commission Balladur pour réformer la Constitution,que je trouve pour ma part bienvenue. Je la voterai sur le principe, même si j'attends de vérifier son contenu. Elle doit être adoptée dans le délai d'application de l'état d'urgence. C'est possible. Si la droite et la gauche le décident. Ce fut déjà le cas par le passé. J'implore l'opposition d'aujourd'hui de ne pas tomber dans la posture condamnable qu'adopta, à l'endroit de la révision constitutionnelle de 2008, l'Opposition de l'époque.  Ce serait d'autant plus impardonnable que les circonstances exigent une attitude exemplaire.  Je salue enfin, même s'il n'a échappé  à  personne que c'était fait avec malice, la saisine du Conseil d'Etat sur les propositions les plus tranchées de l'opposition et la reprise pure et simple des autres. Certains crient plus ou moins fort à la récupération. Ou en soulignent l'habileté. Qu'il me soit permis de me satisfaire que nous soyons enfin entendus.  Évidemment, nous aurions aimé la même lucidité et la même fermeté il y a un peu moins d'un an. La naïveté qui consiste à croire qu'il suffit pour combattre les kalachnikovs, de jeter au vent les pétales de fleurs, a fait trop de morts innocents.  Que cette page soit tournée est salutaire. Écrivons ensemble la nouvelle page que notre pays attend.  Chaque élu du peuple doit mesurer, en son âme et conscience, qu'en situation de guerre, rien n'est plus pareil.  Quelle fraîcheur, lundi, d'être assis par ordre alphabétique dans cet hémicycle, députés et sénateurs mêlés. Si chacun a applaudi, s'est levé, a chanté, c'est que les réflexes de groupes, de clans étaient rendus impossibles. Parlait notre cœur, notre amour de la patrie, notre authenticité.

Le spectacle aux questions au gouvernement, ce mardi, a légitimement choqué. J'étais dans l'avion en direction du Texas. A mon atterrissage des témoignages de citoyens, de droite ou de gauche, m'ont souligné l'attitude honteuse de certains. À Houston, les Français  m'ont confié leur désarroi face à une telle image donnée par les élus du peuple. Que chacun se ressaisisse. Être en guerre oblige. Gardons-nous de retomber dans nos défauts chroniques. Gardons-nous des pressions de tel ou tel. Gardons-nous de la peur des urnes.

Soyons nous-mêmes. Soyons sincères. Soyons Français.

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