Alors que tous les yeux étaient rivés sur le score du FN, les nationalistes ont remporté dimanche soir une victoire "historique" dans l'Île-de-Beauté.
AFP

L’information est passée inaperçue, ou presque. Alors que tout le monde regardait le score du Front national dans les régions Nord et PACA, les nationalistes s’emparaient de la région Corse. Une première pour une élection territoriale que ces derniers ont qualifiée à juste titre de victoire "historique".

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Une alliance entre nationalistes et indépendantistes

Cultivant sa singularité, l’Île-de-Beauté a donc choisi un parti autre que la droite, la gauche et le FN. Autre particularité : au second tour, les électeurs corses étaient confrontés à une quadrangulaire, entre une liste nationaliste, divers gauche, de droite et du FN.

A l’issue du second tour, c’est donc la liste nationaliste "Pè a Corsica" ("Pour la Corse") menée par le maire autonomiste de Bastia, l’avocat Gilles Simeoni, qui avait fusionné avec une autre liste indépendantiste au premier tour, qui l’a emporté avec 35,3 % des suffrages.

Pour fêter leur victoire, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, son collistier indépendantiste, ont été portés en triomphe sur le parvis de l’Hôtel de Ville sous des chants corses et au cours d’un défilé du drapeau corse à la tête de Maure.

La Corse, un "pays", une "nation"

L’alliance entre les deux hommes n’était pourtant pas gagnée. Le chef de file des indépendantistes ayant toujours refusé de cautionner la violence clandestine alors que Jean-Guy Talamoni prônent l’indépendance de la Corse. Une alliance qui a été facilitée par la fin de la lutte armée du Front de libération nationale corse (FLNC) en 2014.

Au soir du second tour, dimanche, Jean-Guy Talamoni a déclaré : "Notre démarche, qui va bien au-delà des nationalistes, est de montrer que ce pays est bien davantage qu’une simple circonscription administrative mais une nation. Personne ne doit ressentir un sentiment d’inquiétude. Nous serons les élus de l’ensemble de notre peuple".

Les nationalistes veulent l’autonomie de la Corse

Comme l’explique Les Echos, les nationalistes veulent poser "les bases juridiques de l’autonomie de la Corse au sein de l’Europe et défendre auprès de l’Etat l’inscription de la Corse dans la Constitution pour pouvoir adapter les lois aux spécificités de l’île et obtenir un statut fiscal dérogatoire."

Dans leur programme économique, les nationalistes indiquent vouloir s’affranchir des aides de l’Etat pour se recentrer sur les entreprises de l’Île-de-Beauté. Et, dans la même veine, ils revendiquent la "corsisation des emplois", c’est-à-dire la préférence corse aux emplois à compétences égales.

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