INTERVIEW. Agnès Buzyn vient de rejoindre l'OMS et profite désormais d'une immunité diplomatique partielle. Une bonne astuce pour s'éviter un procès concernant la gestion de la crise sanitaire ? Peut-être. Explications.
Coronavirus : nos dirigeants ont-ils trouvé la bonne planque pour ne pas se faire condamner ?AFP

Sa nomination a été annoncée dans le courant de la semaine du 4 janvier 2021. Agnès Buzyn, qui fut ministre de la Santé et des solidarités avant d'être candidate malheureuse et rabrouée aux élections municipales de Paris, vient de rejoindre le cabinet du directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Elle devrait donc partir pour Genève, en Suisse, où elle sera chargée de la gestion des affaires multilatérales. Surtout, elle devrait désormais profiter d'une immunité diplomatique partielle, indique LCI

Cette dernière, qui ne s'appliquera que dans le cadre des nouvelles fonctions de l'ancienne hématologue, devrait la protéger de toutes les possibles poursuites judiciaires qui pourraient être engagées du fait de ses responsabilités politiques durant les débuts de l'épidémie. D'aucuns pourraient donc y voir une volonté de l'Etat de protéger certains de ses anciens soldats. Agnès Buzyn est loin d'être la seule concernée : Edouard Philippe, par exemple, a d'ores et déjà fait l'objet de perquisitions, ainsi que le rappelle France Inter. Rien d'étonnant, sans doute, puisque déjà à l'époque, alors qu'il était encore aux manettes, des dizaines de plaintes avaient déjà été déposées.

Coronavirus : la responsabilité pénale terrorise-t-elle le gouvernement ?

"Ils tremblent", croit savoir Gilles Platret, des Républicains et maire de Chalon-sur-Saône, contacté par 20 minutes en novembre dernier. "La pression judiciaire est si forte qu'elle influence leurs décisions. Par peur du procès, le gouvernement en surajoute dans la protection sanitaire. Mais lorsqu'on ouvre trois parapluies pour éviter d'être mouillé, c'est déjà deux de trop", poursuit-il.

Et Jean Castex, à certains égards, de reconnaître cet état de fait. Interrogé par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale, en fin d'année 2020, il déclarait, ironique : "Si je commence à penser à ma responsabilité personnelle ou pénale, je ne suis pas sûr que je prendrai les décisions dans l'intérêt du pays !"

"Je ne vais pas dire que je n'y pense jamais", a-t-il ajouté, tranchant radicalement avec le discours officiel usuellement servi par l'exécutif, avant d'insister : "Ma seule boussole, je vous demande vraiment de le croire, c'est l'intérêt du pays".

Pour autant, pour le politologue Christophe Bouillaud, enseignant-chercheur en sciences politiques à l'IEP de Grenoble, ce qui caractérise l'action du gouvernement ressemble bien davantage à un sentiment d'impunité qu'à de l'angoisse… "Le message qu'ils envoient, jusqu'à présent, c'est bel et bien ‘Nous n'avons peur de rien'", estime-t-il dans nos colonnes. Explications.

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