Faut-il vraiment avoir peur de la dette publique ?

Il évoque un déficit public de plus en plus "impressionnant". Le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gerald Darmanin, a récemment annoncé un potentiel "troisième budget rectificatif", non sans évoquer une forte hausse de la dette publique, qui gonfle d'environ 30% en un mois. Un montant "jamais atteint depuis la seconde guerre mondiale", assure le transfuge de la droite, dont les propos sont repris par Capital. Mais y a-t-il vraiment matière à s'inquiéter ? Potentiellement mais pas nécessairement, estime Frédéric Farah dans nos colonnes.

"Économiquement parlant, le véritable enjeu ce n'est pas le montant de la dette : c'est comment on la finance. Il n'y aucun consensus permettant d'affirmer qu'une dette de 90% du PIB serait intrinsèquement meilleure qu'une dette de 130% ou 150% du PIB", estime en effet le chercheur. "Par ailleurs, n'oublions pas que la dette publique est moins élevée que la dette privée, qui correspondait, avant même le coronavirus, à 128% du PIB", rappelle encore l'économiste.

Et lui de tempérer les inquiétudes potentielles : "La dette publique correspond en effet à 115% du PIB. Pour autant, et malgré tous les défauts que peut avoir ce modèle, il faut rappeler qu'il s'agit de la dette brute, calculée telle que l'impose le traité de Maastricht. Ce n'est donc pas la dette nette, qui correspond à la dette brute moins les actifs de l'Etat. Lesquels ne peuvent de toute façon pas être cédés". Selon l'enseignant, il faut donc relativiser l'exactitude d'une telle rhétorique sans pour autant tomber dans l'acceptation de la marchandisation de certains actifs essentiels de la nation.

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