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Il était président du groupe LREM a l'Assemblée nationale jusqu'à aujourd'hui. Richard Ferrand a été investi par son parti pour remplacer François de Rugy au Perchoir. Il est pourtant embourbé dans les affaires...
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Où en est vraiment l’affaire Ferrand : Richard Ferrand élu malgré des casseroles

Il vient d’être désigné candidat par son parti et sera très certainement élu président de l’Assemblée nationale. Richard Ferrand, ancien ministre de la Cohésion des territoires, a obtenu 64,26% des voix : il va donc quitter son poste de président du groupe La République en Marche (LREM) et remplacer François de Rugy au Perchoir, rapporte BFMTV. Pourtant, l’ancien socialiste reste enlisé dans les affaires…

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L’affaire Ferrand, aussi appelée "affaire des Mutuelles de Bretagne" est loin d’être terminée, souligne Le Figaro. Dans un premier temps, l’affaire est passée entre les mains du parquet de Brest, avant d’être traitée un deuxième temps par le parquet financier de Paris. Depuis un arrêt de la Cour de cassation, datant du 25 juillet dernier et dévoilé par France Inter, c’est un juge d’instruction de Lille qui est en charge du dossier.

Ce rebondissement fait suite à une demande de la défense. Naturellement, l’élection du parlementaire à la présidence de l’Assemblée met également en lumières les casseroles qu’il traîne. Déjà avant son investiture, l’association anticorruption Anticor dénonçait sa candidature. Pour Jean-Christophe Picard, président de l’association, "le président de l’Assemblée nationale a un devoir d’exemplarité". Il voyait dans la candidature de Richard Ferrand un "mauvais signal pour la moralisation de la vie politique", précise France Info.

Où en est vraiment l’affaire Ferrand : un stratagème pour enrichir sa femme ?

L’affaire des Mutuelles de Bretagne a débuté le 24 mai 2017, quand Richard Ferrand était encore membre du gouvernement, après la publication d’un article du Canard Enchaîné. Le palmipède y dévoilait les mécanismes mis en place en 2011 par l’ancien ministre pour permettre l’enrichissement de sa compagne. Concrètement, Richard Ferrand a organisé l’achat de locaux par son épouse, Sandrine Doucen, afin que celle-ci puisse ensuite louer la propriété aux Mutuelles de Bretagne. Problème : à l’époque, c’est Richard Ferrand qui dirige l’organisme. L’affaire se faisant pressante et sa femme étant absente, il ira jusqu’à signer le compromis de vente en son nom propre, souligne Le Monde. Seule condition : permettre qu’une société civile immobilière (SCI) se substitue à lui avant la vente.

Après l’achat, Sandrine Doucen soumet son offre au conseil d’administration des Mutuelles de Bretagne, qui cherchent de nouveaux locaux. Elle est choisie en début d’année 2011, en dépit des deux autres offres. Les Mutuelles assurent avoir pris cette décision indépendamment de l’intervention de Richard Ferrand. Elles ont ensuite du régler 184 000 euros de travaux. Par ailleurs, la SCI, dont Sandrine Doucen est propriétaire à 99%, a pu faire l’acquisition d’un appartement parisien de 353 000 euros grâce aux loyers reversés par les Mutuelles.

Où en est vraiment l’affaire Ferrand : Richard Ferrand a-t-il pistonné ses proches ?

Sandrine Doucen, l’épouse de l’ancien socialiste, ne serait pas la seule à avoir bénéficié de la générosité de Richard Ferrand. Toutefois, elle a également pu décrocher plusieurs contrats pour des consultations juridiques et même être embauchée plusieurs mois avant d’avoir passé le concours d’avocat, dévoile Le Monde.

D’après le quotidien du soir, la précédente compagne du très probable futur président de l’Assemblée a aussi obtenu plusieurs marchés d’aménagement de locaux gérés par le réseau mutualiste, à partir de 2002. Artiste plasticienne, Françoise Coustal a notamment du travailler sur un Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) du Finistère. Celui-ci a touché une subvention de 1,66 million d’euros pour permettre les travaux. Elle a été versée par le conseil général du département, dont Richard Ferrand était vice-président. Là encore, il n’aurait pas pris part à la décision, assurent les responsables de ces subventions.

Ce n’est pas tout. Comme l’indique Le Figaro, l’ancien président du groupe LREM à l’Assemblée nationale a aussi offert des postes d’assistants parlementaires à Hervé Clabon, conjoint de son ancienne adjointe, et à Emile Ferrand, son fils. Ni l’un ni l’autre ne figurent sur sa déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), ce qui est pourtant obligatoire depuis l’affaire Cahuzac.

Où en est l’affaire Ferrand : un conflit d’intérêts à l’Assemblée nationale ?

En 2012, Richard Ferrand est élu député pour la première fois. Il quitte donc son poste aux Mutuelles de Bretagne. Toutefois, cela ne signifie pas qu’il n’a plus aucun lien avec l’organisme. En effet, il reste même "chargé de mission" pour ce dernier, qui lui verse un chaque mois un salaire de 1 250 euros. Or, comme le rappelle le Journal du Dimanche, la première loi défendue par le parlementaire portait sur les "conventions entre organismes d’assurance maladie complémentaire et professionnels de santé". Ces informations pourraient éclairer son engagement d’une nouvelle façon.

"Richard Ferrand m’avait dit qu’il avait travaillé pour les Mutuelles de Bretagne, mais pour moi c’était du passé. Si j’avais su qu’il était encore chargé de mission, la question je l’aurais posée clairement. Il était en lien d’intérêts", expliquait d’ailleurs Catherine Lemorthon, député socialiste au Monde. Elle est la présidente de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale.