Un Français sur deux verrait bien Christine Lagarde à l’Elysée, selon un récent sondage. Pourtant déconnectée de la politique intérieure, comment fait-elle pour remporter un tel succès ? Eléments de réponse avec Marie Visot, coauteure d' "Enquête sur la femme la plus puissante du monde".

Planet : Avez-vous été surprise par l’issue de ce récent sondage Harris Interactive?Marie Visot* : Non pas du tout. Christine Lagarde était déjà populaire en France. Elle l’est encore plus maintenant qu’elle ne fait plus partie du gouvernement. D’ailleurs, c’est toujours le lot des politiques qui partent à l’étranger. Comme ils sont en dehors des problèmes du quotidien et de la gestion des petites crises, leur image s’améliore. Actuellement, c’est également le cas pour Dominique Strauss-Kahn.

Planet : Christine Lagarde réussit même à fédérer à droite comme à gauche, pourquoi selon vous ?Marie Visot : Je pense que les Français se souviennent de la manière dont elle a géré la crise économique quand elle était à Bercy. Elle agissait avec une main de maître dans un gant de velours. Christine Lagarde a toujours eu de gentilles attentions mais elle n’en avait pas moins des idées fermes. Le fait qu’elle soit une femme peut aussi jouer dans la balance. D’autant qu’aujourd’hui les Français recherchent une personnalité politique qui a de sa carrure et sa prestance. Et puis, ils sont fiers d’elle ! Non seulement elle est à la tête du Fonds monétaire international (FMI) mais en plus elle dégage l’image d’une femme élégante, qui s’exprime de manière soignée et maîtrise l’anglais. Ce sont des petits détails mais ils comptent pour les électeurs.

Planet : En 2010, vous écriviez qu’elle était la ‘femme la plus puissante du monde’. Qu’en est-il aujourd’hui ?Marie Visot : Aujourd’hui, elle se retrouve face à Angela Merkel. Les deux femmes ne sont pas l’une contre l’autre mais plutôt côte à côte. La chancelière allemande a un poids absolument considérable en Europe, tandis que la présidente du FMI est dans le circuit qui décide de ce qu’il faut faire quand un pays va mal. Toutes les deux ont un rôle clé et l’une ne va pas sans l’autre. Si je prends l’exemple de la Grèce : Christine Lagarde a pris la décision de mettre en place un plan d’aide mais sans l’accord de l’Allemagne, celui-ci n’aurait pas pu exister. Et vice-versa.

Publicité
Planet : Christine Lagarde candidate en 2017, cela vous semble-t-il plausible ?Marie Visot : Elle s’est dite ‘touchée’ par le sondage et je pense qu’elle l’était sincèrement. C’est une femme sensible à ce type de marque de respect. Mais de là à ce qu’elle soit candidate à la prochaine élection présidentielle… Selon moi, elle ne se présentera que si on le lui demande, uniquement  si on vient la chercher. Mais jusqu’à présent, hormis les membres de son ‘fan-club’ parisien, la droite n’a rien dit en ce sens. Aucun parti, aucun mouvement n’a par ailleurs été créé qui pourrait laisser entrevoir sa candidature.

*Marie Visot est coauteurs du livre Christine Lagarde – Enquête sur la femme la plus puissante du monde («éd. Michel Lafon).

Vidéo sur le même thème - La confidence de Christine Lagarde : l'amour responsable d'un échec dans sa vie

Recevez toute l'actualité chaque jour GRATUITEMENT !

X
Publicité

Contenus sponsorisés

Publicité