Surprenante ou attendue, la décision du président de la République de ne pas briguer un second mandat marque, d’une certaine façon, la fin du quinquennat de François Hollande. Cette décision personnelle du chef l’État de ne pas être à nouveau candidat est le fruit d’un constat lucide de sa part : il n’était pas en en mesure de l’emporter, ayant creusé depuis 2012 le fossé qui le sépare des Français. Après cinq ans de concessions, notamment face à l’orientation ultra-libérale de l’Union européenne conduite par Angela Merkel, ou face au patronat, à qui le contribuable a offert des subventions sans contrepartie, François Hollande a définitivement renoncé à briguer un second mandat.

En dépit des mesures positives de début de quinquennat, comme le recrutement d’enseignants ou l’augmentation constante des effectifs policiers sur cinq ans, le président ne sera pas parvenu à tenir son engagement principal : inverser la courbe du chômage. La baisse en trompe-l’œil du nombre de chômeurs sur les trois derniers mois est avant tout une conséquence du plan "500 000 formations" et ne constitue pas une sortie durable de la recherche d’emploi pour les personnes concernées. Le CICE et ses 12,5 milliards d’euros annuels offerts aux entreprises n’auront pas permis de faire baisser durablement le nombre de demandeurs d’emploi qui aura augmenté de 600 000 personnes entre 2012 et 2017.

Ce constat lucide, je le partage et il doit nous éclairer. Il n’est pas lié à un choix de personne, mais bien à un bilan, à une orientation et à une façon de faire de la politique dont les Français ne veulent plus. Les 22 et 29 janvier prochains auront lieu les Primaires citoyennes de la Gauche, auxquelles se présentent sept candidats. Parmi ces derniers, ne nous trompons pas ! Au moins deux d’entre eux sont comptables du bilan de François Hollande.

Manuel Valls feint de faire campagne contre l’ancien Premier ministre qu’il était, en déclarant par exemple vouloir supprimer le 49-3. De qui se moque-t-on ? Les paroles ne sont plus crédibles quand les actes viennent les contredire ! Retenons que c’est bien lui qui utilisa cet outil pour passer par la force un texte conduisant à des régressions sociales : la Loi El Khomri. Le bilan du président de la République qui a conduit ce dernier à renoncer est aussi celui de Manuel Valls qui a mené la politique de son gouvernement.Certains proposent la rupture et défendent des idées de gauche, c'est le cas d'Arnaud Montebourg et de Benoît Hamon. Ce dernier avance des propositions en phase avec les valeurs que je défends, mais qui peinent à s'inscrire dans un programme d'ensemble. En 2017, la gauche n'a pas besoin de mesures isolées mais d'un programme construit qui répond aux inquiétudes des Français : réduire le chômage et lutter contre le déclassement.

La mise en place d'un revenu universel proposée par Benoît Hamon ne paraît pas en phase avec les enjeux de la campagne. Cette proposition, également défendue par les libéraux, s'avère inquiétante puisqu’elle implique la fusion des minimas sociaux et la disparition progressive des aides adaptées aux situations particulières. De plus, cette mesure promeut l’idée d'une société incapable de créer de nouveaux emplois, où la valeur travail est abandonnée et où le partage du temps de travail ne permet plus aux Français de subvenir à leurs besoins à travers leur activité. Je m’y oppose, remplacer le travail par une rente généralisée ne répond en rien aux problématiques actuelles et s’avère contraire aux valeurs que la gauche défend. Sur la laïcité, Benoit Hamon manifeste de façon surprenante un certain flou. Alors que dans certains quartiers de la République, des commerçants communautaires interdisent l’entrée aux femmes, il a adopté une posture attentiste quand la situation exigeait la plus grande fermeté. La lutte contre les discriminations doit pourtant être une priorité et les valeurs de la République doivent être défendues sur l’ensemble du territoire dans un programme cohérent et adapté.

La gauche et les Français méritent mieux qu’un combat de personnes. La présidence de la République nécessite un candidat préparé, avec un programme étayé découlant d’une orientation claire. Les déclarations et les jeux de posture de Manuel Valls et de Vincent Peillon doivent être regardés à la lumière du rejet du bilan de François Hollande. Les héritiers ne peuvent enfiler les habits du renouveau.

Au cœur de toutes les gauches, Arnaud Montebourg a construit son programme collectivement avec les Français, au travers du Projet France. Il propose de mener le combat contre l’Europe ultra-libérale, de réinventer la protection sociale des travailleurs, ou encore un plan de relance pour le plein emploi et lutter contre le chômage. Cela passe notamment par l’abrogation de la loi Travail, la défense ferme des 35 heures, ou l’exigence de 80 % des commandes publiques réservés aux PME françaises. Il veut faire de l’éducation une priorité, en dédoublant les classes dans nos villes et villages pour permettre un meilleur encadrement de tous les élèves, notamment en CP, CE1 et CE2. Il refuse que l’accès aux soins continue de faire l’objet de discriminations sociale et géographique. Il propose notamment que chacun puisse accéder à des mutuelles à moindre frais et soutient la création de maisons de santé dans les zones où les généralistes et spécialistes viennent à manquer.  A ces deux mesures vient s'ajouter la création de 5000 postes supplémentaires dans les hôpitaux.

Face au danger de l’extrême-droite, la gauche doit se munir d’un candidat capable de rassembler tous les Français. Face au très conservateur François Fillon, la gauche doit s’affirmer, en étant fidèle à ses valeurs et à ses convictions. L’alternative à l’ultra-libéralisme n’est pas le social-libéralisme. Je vous invite à l’affirmer, en votant Arnaud Montebourg, les 22 et 29 janvier prochains, à la primaire de la gauche ! Sa victoire est non seulement possible mais elle est nécessaire !