Muriel Pénicaud, citée en tant que témoin assisté dans l'affaire Business France, pourrait bien se retrouver mêlé à un autre scandale. Cette fois, il est question de 13,2 millions d'euros.
AFP

Muriel Pénicaud : une affaire dans l'affaire Business France

13,2 millions d’euros. Muriel Pénicaud, ministre du Travail, est à nouveau sous le radar de la justice. Cette fois, l’ancienne directrice générale adjointe de Dassault Systèmes est soupçonnée d’avoir favorisé l’agence de publicité Havas dans un contrat à 13,2 millions d’euros pour la campagne "Creative France". Cette dernière a été lancée par Business France, une agence de promotion de l’économie française -dont Muriel Pénicaud a été la patronne - afin de pousser les petites et moyennes entreprises à l’international.

Selon des sources judiciaires auxquelles le Canard enchaîné a eu accès, les deux juges d’instruction du pôle financier de Paris, déjà chargés de l’affaire Business France et du CES, ont demandé à enquêter de manière plus large sur le contrat avec Havas.

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Toujours d’après le volatile, alors qu’elle avait assuré en audition ne pas connaître Stéphane Fouks, le vice-président de Havas, des e-mails contredisent expressément Muriel Pénicaud. Dans l’un des courriels, selon le journal satirique, la ministre demande à Stéphane Fouks de l’appeler, précisant : "c’est urgent". Selon un autre email dont le Canard se fait toujours l’écho, celle qui n’était pas encore ministre aurait également demandé à son assistante de prendre rendez-vous avec le VP d’Havas mais sans le faire figurer à son agenda.

Muriel Pénicaud et Business France : Havas se défend

La campagne "Creative France" vient nourrir un peu plus le dossier Business France, dans lequel Muriel Pénicaud a été placée sous le statut de témoin assisté. Là encore, il s’agit de ne pas avoir eu recours à la mise en concurrence.

Lors d’un déplacement d’Emmanuel Macron en 2016 alors qu’il était ministre de l’Economie et se rendait au CES de Las Vegas, Business France est accusé d’avoir favorisé là aussi Havas pour la communication. Montant du contrat : 300 000 euros, alors que la loi exige un appel d’offre au-delà de 207 000 euros. Havas s’est défendu en assurant que cette campagne à 300 000 euros entrait justement dans le contrat signé avec Business France. Quant aux emails entre Muriel Pénicaud et Stéphane Fouks, ils auraient été échangés après l’audition des candidats pour la campagne "Creative France", assure toujours Havas.

Pour l’instant François Molins, le procureur de Paris n’a pas annoncé son intention de se saisir ou non de cette affaire.

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