En politique, Bernadette Chirac avait du nez. Durant la (longue) carrière de son époux, l'ancienne première dame a d'ailleurs prédit certains éléments avec une précision impressionnante…
AFP

Les prédictions de Bernadette Chirac : en 2002, elle sait que Jean-Marie Le Pen atteindra le deuxième tour

"Ecoutez Dominique, laissez-nous, on travaille", s’agaçait Jacques Chirac le 21 avril 2002. A l’époque, le président sortant – et en passe d’être réélu – était persuadé qu’il devrait affronter Lionel Jospin, son ancien premier ministre, pour le deuxième tour. En rendez-vous au QG de campagne avec Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé et Bernadette Chirac, le chef de l’Etat refuse de consulter les sondages, explique le maire de Meaux dans les colonnes de Libération.

"Je ne veux plus voir un sondage !", s’agace d’ailleurs le président. C’est à partir de là, explique Jean-François Copé, que le ton commence à monter. "Mais enfin, il faut qu’on ait les sondages", s’insurge Nicolas Sarkozy. Jacques Chirac continue, jusqu’à enfin s’arrêter. Au sujet de la présence, confirmée le même soir, de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour, il dit : "Remarquez, Bernadette me l’avait prédit…". Un "silence de mort" enveloppe alors les lieux, que l’ex-patron de l’UMP décrit comme "une ancienne maison de passes".

"Oui, mais je ne le souhaitais pas, Jacques", assène alors la première dame, installée dans un canapé. Le second tour, qui se déroule le 5 mai 2002, se solde par l’écrasante élection de Jacques Chirac, élu avec 82,21% des voix. Par la suite, Jean-François Copé décrira cette journée comme "la scène la plus incroyable de sa carrière".

Bernadette Chirac : ses critiques acerbes concernant le manque de sens politique des conseillers à l’Elysée

Ce "sens politique" dont a pu faire preuve Bernadette Chirac n’est pas sans rappeler la première dame actuellement en exercice, Brigitte Macron. D’après Erwan L’Eléouet, rédacteur en chef de l’émission Un jour, un destin et auteur du livre Bernadette Chirac, les secrets d’une conquête (éditions Fayard), elles partagent d’ailleurs d’autres points communs.

En premier lieu, un certain ressentiment à l’égard de certains contributeurs de l’Elysée. "Elles se sont battues pour se faire une place et on le voit parfois avec Brigitte Macron qui se plaint des conseillers. Bernadette fustigeait les conseillers, ces petits marquis dans des fauteuils. Elle considérait qu’elle avait plus de sens politique que certains conseillers. On se souvient de l’expression Néron attribuée à Dominique de Villepin", a-t-il expliqué sur le plateau de France 3, fin février 2019.

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