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Etonnante confidence. Dans la biographie "Bernadette Chirac, les secrets d'une conquête", l'auteur, Erwann L'Eléouet dévoile l'intimité de celle qui a su gagner le cœur des Français.
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Bernadette Chirac : une véritable héroïne

Tragédie, amour, défaites, victoires, sentiments... Au-delà du personnage public, Bernadette Chirac pourrait très bien être aussi une héroïne. "C'est une femme dans son époque et à la fois rebelle sous ses allures lisse et même coincée, avec une certaine distance liée à son milieu d'origine, la grande bourgeoisie." Voici comment Erwan L'Eléouet voit Bernadette Chirac. Pour l’écriture du livre autobiographique Les secrets d'une conquête (Ed. Fayard), le journaliste et auteur l’a rencontrée à plusieurs reprises, afin de mieux cerner le personnage : "J'ai vu cette femme qui est aujourd'hui plus fragilisée, plus fatiguée, mais qui garde encore un œil assez malicieux sur toute cette période, tout ce qu'elle a vécu, cette vie qu'elle considère assez incroyable. Et elle dit qu'elle ne regrette rien de tout cela, et garde encore aujourd'hui une certaine nostalgie sur toutes ces années de conquête, d'élections, de pouvoir", confie-t-il à France Bleu.

Il dévoile également qu’elle vit aujourd’hui à Paris, dans un hôtel particulier, rue de Tournon, mis à disposition par François Pinault, leur ami de toujours.

Bernadette Chirac "son "intuition politique" l’a rendu populaire

Son aura politique a changé le statut de première dame.

Très souvent associée à son mari, la première dame n’a pas de réel statut en France, contrairement aux Etats-Unis. Mais pour Candice Nedelec, journaliste politique à Gala, Bernadette Chirac a su faire évoluer cette situation. "Les premières dames sont ainsi passées de potiches à partenaires de pouvoir. Elle avait réussi à faire sa place et était devenue un personnage politique aux côtés de Jacques Chirac. Depuis elle, on a pu observer qu’elles étaient des femmes de caractère et qu’elles s’étaient imposées comme personnage politique aux côtés du président de la République", rapporte BFM.

Selon, Erwan L'Eléouet, "Bernadette Chirac a dû batailler pour se faire une place. Et l’opération pièce jaune a été une arme de séduction massive. C’est ce qui lui a permis d’exister auprès des Français".

De plus, à la différence d’autres premières dames, Bernadette a su imposer ses intuitions dans certains évènements politiques : "Bernadette Chirac est capable de dire à son mari que la dissolution de l’Assemblée en 1997, c’est une bêtise. En 2002, c’est l’une des rares à dire qu’elle imagine Jean-Marie Le Pen au second tour. Donc elle a un sens politique, elle a une intuition politique et elle aime ça, c’est un animal politique", affirme le journaliste.

Bernadette Chirac : la Corrèze, une longue "histoire d’amour"

Un territoire particulier qu’elle porte dans son cœur.

En un an et demi, Erwan l'Eléouet a interviewé ses proches et a enquêté en Corrèze, département qui l’a vue évoluer au fil des années : "J'ai rencontré des gens qui ont fait sa première campagne, en 1979. Elle était candidate aux cantonales, à la demande de son mari. Elle est alors assez effrayée par cette première tentative de se confronter au suffrage universel (…) Et puis, formée par Jacques Chirac, elle va prendre goût à la campagne. On peut même dire qu'elle est devenue plus corrézienne que Jacques Chirac ! Très attachée à ce territoire, parce que c'est lui qui lui a permis de gagner son autonomie, et qu'elle a réussi parfois à bluffer son mari !", confie-t-il à France Bleu. En somme, pour Bernadette, la Corrèze a été un véritable tremplin.

D’ailleurs, lorsqu’on demande à l’épouse de l’ancien chef de l’Etat quel est le plus beau jour de sa vie, la réponse est étonnante. "Bien sûr, on pense au mariage, à la naissance des enfants... (Mais) Non, c'est le jour où Jacques Chirac m'a demandé d'être candidate en Corrèze en 1979".