Aubry, Geneviève de Fontenay, militants… : mais qui en veut à Emmanuel Macron ?AFP
"La politique est un sport de combat", écrivait récemment un ancien conseiller de François Hollande dans un livre, et Emmanuel Macron en fait en ce moment l'expérience. Le chef de l'Etat est depuis quelques semaines, la cible d'uppercuts plutôt calibrés.
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Martine Aubry

Relativement discrète sur le plan national, Martine Aubry a fait entendre sa voix cette semaine en marge de la visite d’Emmanuel Macron dans le nord de la France. Le président de la République est notamment passé par Lille, dont elle est maire, et cela a donné lieu à quelques sorties.

Martine Aubry s’est notamment attaquée à la politique du gouvernement qu’elle juge "brutale". "Moi, je suis totalement sceptique car je pense réellement que ce n’est pas une politique qui va mener vers la croissance et vers l’emploi. C’est une politique souvent brutale, par exemple les mesures sur le logement social", a-t-elle déclaré au micro de BFM TV. La socialiste s’est notamment interrogée sur la récente réforme de l’ISF. "Quand on enlève autant au logement social pour baisser de quatre milliards l’ISF, on peut se demander où est l’intérêt économique", a-t-elle tancé. 

Geneviève de Fontenay

La dame au chapeau n’y est pas allée par quatre chemins pour évoquer Emmanuel Macron, qui "était" son ami et elle n’est pas vraiment optimiste pour l’avenir de la France. "C’était mon ami, je le déteste maintenant. Maintenant il est dans les pattes du Medef, du CAC 40, des banquiers. Il a été d’ailleurs chez Rotschild. Il va faire beaucoup de dégâts dans la France en précarité", a-t-elle déclaré dans Télé Loisirs.

Pour autant, Geneviève de Fontenay n’a pas vraiment foi en l’opposition non plus et Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France Insoumise, en prend également pour son grade : "C’est une catastrophe, j’ai l’impression qu’il est en pleine dépression", et la dame au chapeau d’en conclure : "Qu’est-ce qu’il y a comme opposition ? Il n’y a plus que moi".

Des militants de la République en Marche

Ce mardi une centaine de militants du parti de la majorité présidentielle ont annoncé qu’ils quittaient le mouvement. Ils dénoncent le manque de démocratie et la façon dont sera choisie la direction au prochain congrès. Dans une tribune dévoilée par France TV Info, ils évoquent "les nouveaux statuts (qui) qui ne permettent ni la liberté d’opinion et d’expression, ni une critique du pouvoir contre ses propres abus". 

Ils s’en prennent également au culte de la personnalité autour d’emmanuel Macron et le "sacre" annoncé de Christophe Castaner qui devrait sans surprise devenir délégué général LREM puisqu’il est le seul candidat.

Cette centaine de marcheurs, qui assure avoir tenté d’ouvrir le dialogue, en vain, a prévu de quitter le parti la veille du congrès qui se tiendra le 18 novembre à Lyon.

François Hollande

Entre Emmanuel Macron et François Hollande, c’est plutôt polaire. Même s’il ont fait front uni lundi pour les commémorations du 13 novembre, l’ancien et le nouveau président n’hésitent pas à se tirer dans les pattes.

Le mois dernier, alors qu’il donnait une conférence à Séoul, François Hollande a tancé son successeur et ses choix politiques, mettant en garde contre "une fiscalité allégée pour les riches et alourdie pour les plus modestes ou les classes moyennes". A ce même moment, la réforme de l’ISF était examinée à l’Assemblée.

Jouant clairement sur l’image de président des riches qui colle à Emmanuel Macron, l’ex-président a déclaré : "Je ne suis pas contre la réussite, mais elle ne doit pas être celle de ceux qui s'enrichissent en dormant. Ceux qui travaillent doivent avoir le bénéfice de leurs efforts et je ne vois pas pourquoi il faudrait consentir des largesses aux contribuables qui savent placer très opportunément leur argent".

L’opposition

L’opposition, bien qu’en difficulté, ne manque pas de fustiger le chef de l’Etat. Après l’interview d’Emmanuel Macron sur LCI et TF1 à la mi-octobre, le leader de Debout la République a taclé un président qu’il estime "plus affaible que l’on croit", "hors sol et déconnecté des réalités" alors que Marine Le Pen l’a jugé "arrogant".

Dans un récent entretien au JDD, Laurent Wauquiez, candidat à la présidence de Les Républicains, a lui aussi tancé à propos d’Emmanuel Macron : "Il n’est porté que par un seul projet : lui-même".

Quant à la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon a reconnu récemment qu'Emmanuel Macron avait remporté une manche...