Le Premier ministre est vivement critiqué et même accusé d’avoir semé la peur chez les Français, depuis qu’il a ouvertement parlé du risque d’attentats chimiques en France.

"Il ne faut aujourd’hui rien exclure et je le dis avec toutes les précautions qui s’imposent, mais nous le savons et nous l’avons à l’esprit, il peut y avoir aussi le risque d’armes chimiques et bactériologiques", a déclaré Manuel Valls jeudi dernier à l’Assemblée. "Nous sommes en guerre ! Pas une guerre à laquelle l'histoire nous a tragiquement habitués. Non, une guerre nouvelle - extérieure et intérieure -, où la terreur est le premier but et la première arme (…), dont le front se déplace constamment et se retrouve au cœur même de notre vie quotidienne", a-t-il même ajouté.

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"Manuel Valls aurait mieux fait de se taire"
Des propos qui l’ont rapidement propulsé au cœur d’une vive polémique. Le Premier ministre est en effet accusé d’avoir été alarmiste et d’avoir ainsi voulu effrayer une partie de la population. "Tous les risquent existent et on y prêt. Mais faire cette annonce au plus haut niveau de l’Etat, c’est s’exposer à augmenter l’anxiété de la population et cette annonce est potentiellement très dangereuse car le terroriste avec sa kalachnikov va se dire ‘il y a un moyen  de faire différemment’. Je ne sais pas ce qui lui a pris, Manuel Valls aurait mieux fait de se taire", a notamment raillé l’eurodéputé de droite et médecin Philippe Juvin au micro d’iTélé.

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"C’est la terreur qui alimente la peur"
Des accusations dont Manuel Valls se défend farouchement, aidé en ce sens par le gouvernement. "Certains tabous étant tombés" avec les récents attentats à Paris, "tout est possible", estime en effet le ministère de la Défense. "Dire cela, ce n'est pas alimenter la peur ou alimenter je ne sais quel sentiment anxiogène. Ce sont les faits. C'est la terreur qui alimente la peur. Pas nos discours, pas nos actes",  a de son côté expliqué Manuel Valls dans un discours prononcé vendredi au Sénat. "Et dire cela, c’est donc se préparer à toute éventualité pour y parer, pour mobiliser nos compatriotes";  a-t-il ajouté pour se défendre, invoquant également le fait de "devoir la vérité aux Français". "Il n’y a pas d’informations nouvelles, juste un constat réaliste", a quant à lui souligné l’entourage du Premier ministre.

Spécialiste des armes NRBC à la fondation pour la recherche stratégique, Olivier Lepick a de son côté nuancé les propos de Manuel Valls en reprécisant le contexte. Interrogé par l’AFP, il a expliqué : "Oui, Daech a réussi à mettre la main sur des armes chimiques (…) mais de là à penser qu'ils soient capables de monter un attentat chimique ou biologique en Europe, il y a un grand pas, qu'il ne faut peut-être pas franchir".

En vidéo  : Manuel Valls évoque le risque d'attentats à l'arme chimique

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