Alexis Kohler, le bras droit d'Emmanuel Macron, est désormais visé par une enquête du Parquet national financier. L'occasion de faire un point sur les mystérieuses fonctions du secrétaire général de l'Elysée. 
AFP

Alexis Kohler : un secrétaire pas comme les autres

Alexis Kohler, le premier collaborateur d’Emmanuel Macron fait cette semaine la Une de la presse. Celui qui occupe les fonctions de secrétaire général de l’Elysée est aujourd’hui visé par une enquêteur du parquet national financier après une plainte déposée par l’association Anticor pour des soupçons de conflit d’intérêt. Si l’Elysée dénonce de son côté tout fondement pour le dépôt de cette plainte, elle a le mérite de mettre le projecteur sur ceux que Romain Bongibault et César Armand appelaient "les hommes de l’ombre" dans leur livre éponyme paru en 2016 ; ou que le journaliste Renaud Revel qualifiait de "cardinaux" dans un ouvrage paru la même année : les secrétaires généraux de l’Elysée.

Il s’agit d’un poste clef au cœur du pouvoir dont la nomination est directement effectuée par le chef de l’Etat. Le citoyen de son point de vue se souvient surtout de lui lorsqu’il annonce après chaque présidentielle la nomination du nouveau gouvernement. Pourtant son rôle est loin de se limiter à cela. "Il est à la fois conseiller du président, DRH, vice-président, VRP… C’est le numéro 2 de l’Elysée, c’est lui qui gère le palais quand le président n’est pas là. C’est également par lui que tout passe, toutes les informations, tous les documents", explique Romain Bongibault contacté par Planet. Petite surprise cependant dans la Constitution, il n’a pas de fiche de poste : il n’existe aucun texte qui délimite clairement ses fonctions.

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Des profils qui se ressemblent et des relations privilégiées

Si souvent fonction varie,  -  "François Hollande préférait souvent utiliser directement son portable souvent", nous confie Romain Bongibault –  les secrétaires généraux de l’Elysée ont quelques similitudes. "Ce sont souvent des anciens préfets, énarques ou directeurs de cabinets. Ils doivent avoir un lien avec et une connaissance fine de l’administration", explique Romain Bongibault.

En lien direct avec le président, le secrétaire général de l'Elysée peut amené à être l’arbitre lors de querelles entre ministres, et il est d’ailleurs avec le secrétaire général de Matignon, la seule personne, outre les membres du gouvernement, à assister au Conseil des ministres. "Cette position peut parfois susciter des jalousies, cela a été le cas par exemple sous Mitterrand, où Anne Lauvergeon avait des relations acrimonieuses avec Hubert Védrine", souligne Romain Bongibault.

Enfin, si le secrétaire général de l’Elysée n’a pas forcément un droit de regard sur l’agenda du président, il peut toutefois y avoir accès. En ce sens, c’est aussi lui qui permet d’accéder au président, et d’éconduire les indésirables. Pour autant, juge Romain Bongibault, il est peu probable que la plainte qui touche aujourd’hui Alexis Kohler éclabousse Emmanuel Macron.

Dans l’affaire qui le vise, le secrétaire général de l’Elysée est soupçonné par Anticor d’avoir favorisé l’armateur MSC, avec qui il a des liens familiaux, dans les chanteurs navals de Saint-Nazaire, et ce alors qu’il travaillait au ministère de l’Economie.

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