Il semble loin le temps où Jacques Chirac se vantait publiquement d’aimer la Corona. Désormais, les politiciens évitent de parler d'alcool et de s’afficher un verre à la main. Serait-ce devenu tabou en politique ? Eléments de réponse. 

"Bien sûr que je suis de gauche ! Je mange de la choucroute, je bois de la bière !", clamait Jacques Chirac en 1995. Candidat à l’élection présidentielle, il n’hésitait alors pas à afficher son attrait pour la Corona, et même à l’associer à un bord politique. Quasiment impensable aujourd’hui. Au cours de ces deux dernières décennies, le rapport des politiques à l’alcool s’est fait plus discret. Si auparavant, il était de bon ton d'apparaître bon vivant et amateur de vins français, cela ne se fait plus.

"Un corps sain dans un esprit sain"

Désormais l’heure est à la sobriété. Fini les grandes tablées et les dîners fastueux où le vin coulait à flot. "L’époque des sénateurs qui s’offraient de gros repas est aujourd’hui synonyme de laisser-aller, souligne Alexandre Duyck, auteur de La République des rumeurs. De nos jours, il faut montrer qu’on l’on a un corps sain dans un esprit sain". Les bons vivants n’ont donc plus autant la cote qu’autrefois. "Avant, ils étaient associés à la ‘bonne bouffe’ et au terroir. Mais désormais, ils ne sont plus bien vus. Cela renvoie à l'idée selon laquelle ils manquent de maîtrise de soi. Aujourd’hui, on veut des politiciens sveltes et sportifs. Leur corps est devenu un outil de communication", poursuit le journaliste qui précise que ce phénomène n’est pas spécifique à notre pays. "Regardez aux Etats-Unis, au Canada et en Italie par exemple : Obama, Trudeau et Renzi sont relativement jeunes et en pleine forme. Imaginez-les au G8 avec le président français: on voit mal le locataire de l’Elysée au milieu d’eux avec sa bedaine de franchouillard !", analyse-t-il encore.

La règle de Hollande : jamais plus de deux verres et demi

Un changement radical qui serait non seulement dû à "l’air du temps" mais aussi au pouvoir d’Internet sur l’image des politiciens. "Les temps ont beaucoup changé depuis Jacques Chirac, explique Alexandre Duyck. Le moindre faux-pas qu’ils peuvent faire apparaît en un rien de temps sur les réseaux sociaux, rappelle l’auteur. Songez un instant à l’impact d’une photo d’un dirigeant ou d’un élu en train de boire de l’alcool. Et imaginez ensuite s’il était photographié à plusieurs reprises dans cette posture ou même ivre…".

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Conscients de ce qui est attendu d’eux et du "risque" qu’ils prennent à consommer de l’alcool en public, la plupart des politiciens ont adapté leur comportement. "L’alcool n’est pas devenu tabou en politique, mais tous les politiciens ont compris qu’il fallait s’en méfier. Avant un politicien qui ne buvait pas était suspect. Aujourd’hui c’est tout l’inverse", assure Alexandre Duyck. Ainsi, François Hollande ne s’autorise jamais plus de deux verres et demi d’alcool, "c’est sa règle". Son rival de 2012 a quant à lui complètement arrêté d’en boire et s’est souvent même plu à mettre en scène ses séance de footing.

En vidéo - Présidentielle 2017 : les politiques au régime

mots-clés : Alcool, Politiques

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