Jérôme Cahuzac s'est récemment confié au magazine Vanity Fair. Mis en examen depuis avril 2013 pour "blanchiment de fraude fiscale", l'ancien député de Lot-en-Garonne est revenu pour la première fois sur l'ouverture de son compte en Suisse.
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On ne l'avait presque plus entendu depuis l'annonce de son retrait de la vie politique en avril 2013. Jérôme Cahuzac a décidé de sortir de son silence. Et c'est dans les colonnes du magazine Variety Fair que l'ancien ministre du Budget s'est récemment livré. L'ancien député-maire de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) est revenu pour la première fois sur son compte en Suisse.

"À cinq ou six reprises, j’ai tenté de m’en débarrasser"

A l'origine du premier grand scandale du quinquennat de François Hollande, Jérôme Cahuzac est notamment revenu sur les raisons qui l'ont poussé à ouvrir ce compte bancaire non déclaré : "Quand j’ai ouvert ce maudit compte, je n’avais aucun mandat, je n’étais candidat à rien, je n’imaginais même pas que je le serais un jour. Je suis devenu un homme respecté, écouté, on me reconnaît une compétence, j’ai une influence sur la politique de mon pays… J’ai fait des sacrifices pour en arriver là. Je ne peux pas accepter de laisser tout détruire à cause d’une imbécillité qui date d’il y a vingt ans…". L'ancien socialiste a tout de même reconnu son erreur : "L’existence du compte est devenue un boulet. À cinq ou six reprises, j’ai tenté de m’en débarrasser. À chaque fois, je me suis heurté au même obstacle : la rupture de l’anonymat (…) si j’avais pu rapatrier les fonds et m’acquitter de ce que je devais [au fisc] tout en préservant le secret, immédiatement je l’aurais fait".

Jérôme Cahuzac a également évoqué ses derniers mois dans la vie politique, depuis les révélations du site d'information Mediapart sur l'existence du compte en 2012 jusqu'à sa démission. Ayant réfuté dans un premier temps les accusations de Mediapart, Il avait fini par faire ses aveux à la justice après l'ouverture d'une information judiciaire en mars 2013. L'ancien ministre en a gardé un souvenir amer racontant son ulcère, ses insomnies, les journées de travail "pour éloigner les terreurs de la nuit" pour s'être enfermé dans la spirale du mensonge. 

Selon l'enquête de Vanity Fair, le compte bancaire suisse de Jérôme Cahuzac n'a jamais dissimulé 600 000 euros, contrairement aux chiffres qui ont été avancés par certains articles de presse. À l’origine, le compte a été ouvert auprès de l’Union des banques suisses (UBS) à Genève à la fin de 1992. Le futur ministre avait alors quitté depuis plusieurs mois le cabinet du ministre de la santé Claude Evin et ne disposait d’aucune fonction politique. Jérôme Cahuzac était alors chirurgien spécialisé dans les implants capillaires et exerçait en parallèle une activité de consultant auprès de certains laboratoires pharmaceutiques.

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