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Les graves affaires de moeurs politiques : les Ballets roses (1959)

L'affaire Epstein fait beaucoup réagir aux Etats-Unis et y suscite de nombreuses théories du complot. Pourtant, la France a connu une affaire similaire en 1959 : le scandale des "Ballets roses", que le journal Le Monde évoquait déjà dans son édition papier du 10 janvier 1959. Tout commence par la mise en examen d'un policier pour détournements de mineures. Celui-ci avoue en effet organiser des parties fines pour des personnalités parisiennes et désigne un pavillon de chasse, dans une forêt, en région parisienne.

Or, ce pavillon de chasse appartient au président de l'Assemblée nationale de l'époque. Député SFIO, avocat de Léon Blum sous l'Occupation, résistant, proche de De Gaulle, ministre après la Libération, celui-ci apparaît comme inattaquable. Mais dans leur ouvrage Sexus Politicus (2006), les journalistes Christophe Deloire et Christophe Dubois révèlent que l'intéressé participaient à des "bacchanales" avec des "adolescentes âgées de quatorze à vingt ans".

"Au programme des réjouissances collectives, façon soupers libertins de la Régence : séances de strip-tease, poses dénudées, plaisirs des sens agrémentés de coups de martinet", écrivent les journalistes.

L'expression "Ballets roses" apparaît sous la plume d'un journaliste de l'époque. Selon Christophe Deloire et Christophe Dubois, certaines de ces orgies sado-masochistes auraient eu lieu dans l'enceinte même du palais Bourbon. La police remonte vite la piste du réseau et inculpe une dizaine d'hommes âgés et fortunés, des directeurs de magasins des beaux quartiers ou de restaurants chics, un coiffeur de l'avenue Matignon ou encore deux policiers. Des membres du "tout pourri" pour reprendre l'expression du Canard enchaîné, dans son édition du 4 février 1959.

Sur les 23 prévenus, 22 seront condamnés. Le policier à la tête du réseau écope de cinq ans de prison ferme, réduits à quatre ans en appel. Les membres du "tout pourri" s'en sortiront avec des peines de prison avec sursis et des amendes. Le président de l'Assemblée nationale sera condamné à un an de prison avec sursis et 3 000 francs d'amende, le juge ne voulant pas "accabler un vieil homme". L'expression "Ballets roses" est aujourd'hui rentrée dans le langage courant pour désigner des parties fines à caractère pédophile.

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