De la bourse aux placements défiscalisés, de nombreuses formules d'épargne sont proposées à des seniors traités comme des pigeons…
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Les conseillers en gestion de patrimoine et les banquiers ont une obligation générale d'information et de conseil à l'égard de leur clientèle. Quand ils ne les respectent pas, les sanctions tombent : déjà épinglée par l'AMF, la banque postale vient d'écoper d’une amende supplémentaire de 5 millions d'euros. Elle lui a été infligée par l'ACPR en mai 2017 pour défaut d’information sur les risques encourus par ses clients en cas de rachat anticipé de contrats d'assurance-vie adossée à "Progressio", un FCP financier risqué. Le risque ? Banques et conseillers en gestion de patrimoine ont beau jeu de faire valoir auprès des seniors que le taux de remplacement médian leur salaire net ne sera que de 75% dans le meilleur des cas. Une fois le petit train de l’anxiété sur les rails, certains intermédiaires peu scrupuleux font miroiter les produits d’investissements "dynamiques" qu’ils ont en catalogue. Ces produits ne sont pas adaptés aux attentes des seniors qui demandent avant de tout de la sécurité. Qu’importe !

Parmi ces formules, il faut commencer par jeter l’anathème sur celles qui ne garantissent pas aux seniors une protection égale à 100% du capital investi. Lorsque l’on a mis de côté, sou après sou, un pécule destiné à arrondir une pension de retraite, on n’aucune envie de le voir fondre et de se priver des revenus d’appoint qu’il procure. Or, la plupart des produits boursiers n’offrent pas cette garantie plancher. Même les placements actions affichent la meilleure rentabilité à long terme (6,6% de rendement réel moyen/an entre 1988 et 2013), cette perspective de gain est régulièrement affectée par des krachs. Malheur à celui qui veut récupérer ses fonds durant ces périodes de vaches maigres ! Entre le 1er juin 2007 et le 9 mars 2009, le CAC 40 a perdu 40% de sa valeur. Bien qu’elles se régulent sur le long terme (les niveaux boursiers de 2017 dépassent ceux de 2007), ces fluctuations peuvent lessiver un investisseur contraint de récupérer ses billes au mauvais moment.

Les formules d'épargne logement à bannir

Les seniors ont donc intérêt à privilégier des placements immunisés contre ces risques, dont les fonds en euros, peu rémunérateurs, mais sûrs à 100%. Passé 60 ans, la "poche" action ne doit pas excéder 20% d’un patrimoine. Et encore, à condition de choisir des titres insubmersibles, servant de solides dividendes et détenus à travers une enveloppe fiscale (PEA, Assurance vie, etc.). Les comptes titres en direct sont donc à éviter.

Les formules d’épargne logement sont aussi à bannir : sans intérêt pour un senior, elles sont destinées à préparer l’acquisition d’une résidence principale ou à financer des travaux (CEL). Des étapes généralement anticipées par les retraités. De surcroît, les taux de rémunération bruts (1% depuis le 1er août 2016 sur le PEL) sont assujettis aux prélèvements sociaux, puis fiscalisés au-delà de 12 ans de détention.

Sauf exception - par exemple une grosse prime versée lors du départ à la retraite - les placements défiscalisés ne sont pas non plus adaptés aux besoins des seniors. Avec la baisse de revenus accompagnant la sortie du monde du travail, la pression fiscale à tendance à s’alléger (même si la hausse prévisible des prélèvements sociaux n’annonce rien de bon). Dans ce contexte, le recours à une formule de défiscalisation qui promet une économie immédiate en contrepartie d’une rentabilité future aléatoire ne présente aucun attrait. A une ou deux exceptions prêtes comme les terres agricoles ou l’investissement forestier qui, malgré une rentabilité symbolique, réservent des avantages successoraux substantiels aux seniors.

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