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PARTIE 1/2 : Investissement immobilier, dons manuels, assurance-vie, travaux… Aujourd'hui en France, il existe de multiples manières d'alléger votre imposition. Focus sur 10 premiers placements qui peuvent rapporter gros.
Sommaire

Certains pourraient penser qu’il s’agit là d’une sorte de "cadeau fiscal"... D’autres, d’une opération savamment orchestrée. Pourtant, il est tout simplement question d’outils, et plus précisément de placements, vous permettant de défiscaliser et donc de payer moins d’impôts.

Dans quels cas ? Dans tous les pendants de votre quotidien. Notamment lorsque vous effectuez un investissement, que vous souscrivez un contrat d’assurance-vie, que vous entamez des travaux en vue de réaliser des économies d’énergie, que vous changez de voiture ou que vous vous constituez une épargne.

Pour profiter de ces dispositifs d’allégement, il convient, d’une part, de savoir qu’ils existent, d’autre part, de bien appréhender leur fonctionnement. Encore faut-il déterminer si vous pouvez y prétendre… Si "oui", dans quelle mesure ? Zoom sur 10 premiers placements phare dont l’attractivité et le rendement sont aujourd’hui connus et approuvés.

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1. Investir dans le neuf

Vous connaissez le dispositif Pinel ? Cet outil de défiscalisation immobilière qui permet à celles et ceux qui souhaitent investir dans un logement neuf en vue de louer de bénéficier d’une réduction d’impôts. Si vous avez ce projet et que vous achetez un bien dans un secteur éligible – comprenez : dans une zone considérée comme tendue où la demande locative se révèle supérieure à l’offre – vous pouvez réaliser des économies significatives. Lesquelles peuvent aller de 12 % du montant de votre investissement (dans la limite de 300 000 euros) si vous vous engagez à louer votre bien durant six ans minimum, à 21 % si vous le louez durant douze ans. 18 % pour un engagement de neuf ans.

A noter que pour calculer cette réduction d’impôt, le prix au mètre carré est fixé à 5 500 euros. Quant au loyer proposé, celui-ci doit être plafonné. Pour pouvoir bénéficier de ce dispositif, sachez qu’il est nécessaire de louer votre logement au titre de résidence principale à des foyers disposant de conditions de ressources.

2. Réaliser des travaux d’économie d’énergie

Effectuer des travaux de rénovation énergétique en vue de réaliser des économies d’énergie, c’est écologique, certes, mais c’est loin d’être gratuit. Depuis plusieurs années déjà, de nombreuses réglementations et directives ont vu le jour afin de vous inciter (en tant que propriétaire) à réaliser ce type de travaux.

Résultat : si vous souhaitez changer votre chaudière, isoler vos murs ou vos fenêtres, ou bien encore installer des panneaux solaires photovoltaïques… Vous pouvez bénéficier de 30 % d’économies sur le montant investi. Tout en sachant, cependant, qu’il existe un plafond de dépenses porté à 8 000 euros si vous vivez seul, à 16 000 euros si vous êtes en couple et que ledit montant augmente de 400 euros pour chaque personne à charge composant le foyer. 

A noter également que si vous envisagez d’effectuer des travaux d’économie d’énergie, il convient, dans certains cas, de se hâter ! En effet, le taux de 30 % actuellement appliqué passera à 15 % dès le premier janvier 2018 pour tout remplacement de volets et de fenêtres. Il disparaitra totalement à partir du 30 juin 2018.

3. Acheter dans l’ancien

Une fois n’est pas coutume, le dispositif Pinel entre en jeu. Si vous souhaitez investir dans un logement ancien qui nécessite d’importants travaux, il est possible de réaliser de belles économies. Lesquelles sont portées à 12 % du montant de votre investissement plafonné à 300 000 euros si vous vous engagez à louer votre bien pendant six ans, à 18 % si vous le louez neuf ans et à 21 % dans le cas d’un engagement sur douze ans.

Si les professionnels s’accordent sur le fait que cette opération se révèle généralement compliquée à réaliser, il n’en demeure pas moins que le jeu en vaut souvent la chandelle. Aussi, pour pouvoir rentabiliser ce type de placement, mieux vaut vous assurer, au préalable, que le bien sur lequel vous avez jeté votre dévolu et que les travaux que vous souhaitez réaliser répondent aux conditions vous permettant de défiscaliser.

Il doit, en effet, être question de réaliser des travaux de réhabilitation qui permettent à votre bien d’optimiser ses performances techniques et énergétiques au point d’atteindre celles des logements neufs. Il importe, par ailleurs, de louer votre bien nu ou en meublé avec un loyer plafonné au titre de résidence principale à des personnes sous conditions de ressources.

4. Investir dans une PME

Une autre manière de réduire vos impôts en plaçant judicieusement vos économies consiste à souscrire au capital d’une PME. Pourquoi ? Parce qu’en procédant de la sorte, vous pouvez bénéficier d’une réduction d’impôt allant de 18 % (pour ce qui concerne votre impôt sur le revenu) à 50 % du montant de votre investissement (dans le cas où vous seriez redevable de l’impôt sur la fortune immobilière, l’IFI). Seul impératif : souscrire au capital d’une PME dans la limite de 50 000 euros si vous êtes célibataire et de 100 000 euros si vous êtes en couple.

Si vous le souhaitez, vous pouvez également acheter des parts dans des FCPI ou des Fip (comprenez : des fonds commun de placement pour l'innovation ou des fonds d'investissement de proximité). Dans ce cas, votre investissement est plafonné à 12 000 euros pour des FCPI, à 24 000 euros pour des Fip.

La bonne nouvelle tient au fait que les gains perçus sont exonérés de l’impôt sur le revenu, pas des prélèvements sociaux. La mauvaise, si vous êtes redevable de l’IFI, c’est que la réduction d’impôt associée sera supprimée dès le 1er janvier 2018. Dépêchez-vous.

Ultime condition pour ce qui est de l’achat de parts dans des FCPI et/ou des Fip, il est nécessaire de les conserver au moins cinq ans. En pratique, cette durée est généralement portée de cinq à dix années.

5. Financer le cinéma

Certes, ce type de placement n’est pas particulièrement répandu. Il est question d’investir le montant de votre choix dans des sociétés qui financent l’industrie cinématographique et audiovisuelle (les fameuses Sofica – ces Sociétés pour le Financement du Cinéma et de l'Audiovisuel). Et certes, leur nombre est plutôt restreint (11 sont agrées cette année). D’où l’intérêt de rapidement se renseigner.

Pour autant, si ce type de placement vous intéresse, sachez que vous pouvez bénéficier d’un avantage fiscal non négligeable de 36 %. Lequel avantage peut passer à 48 % du montant de votre investissement en 2017 si la Sofica que vous avez sélectionnée dédie 10 % de ses actifs minimum au développement de séries audiovisuelles ou au financement de l’exportation. Seul impératif : conserver vos parts pendant cinq ans.

Côté rendement, sachez que le fait d’investir dans des Sofica n’est pas particulièrement rentable. C’est même souvent plutôt l’inverse. Résultat : si vous prenez en compte l’avantage fiscal dont vous disposez, la rentabilité finale de ce type d’investissement est généralement comprise entre 1 et 5 %. Mais si c’est pour le bien de la création cinématographique hexagonale…

6. Miser sur les résidences de services

Par résidences de services, il faut comprendre : résidences vouées à accueillir une population particulière en vue de lui apporter différentes prestations pour améliorer son quotidien. Des résidences qui peuvent prendre la forme de résidences séniors, de logements étudiants, de résidences d’affaires, ou encore de logements touristiques.

Pourquoi investir dans ce type de bien ? Tout simplement parce que si vous achetez un lot afin de le louer 9 ans minimum à la société qui exploite la résidence, vous pouvez bénéficier d’une diminution d’impôts de 11 % du montant investi. Tout en sachant que vous pouvez également récupérer la TVA.

A noter, cependant, que pour pouvoir profiter de cette réduction d’impôt, le montant d’investissement ne doit pas dépasser 300 000 euros (bien qu’il n’y ait, dans l’absolu, pas de plafond).

7. Profiter de la Flat tax

A partir de 2018, les revenus émanant de livrets bancaires, ou de produits d’épargne seront imposés à un taux unique de 30 %. Telle est l’ambition de la Flat tax voulue par Emmanuel Macron. Si certaines plus-values risquent de voir leur fiscalité augmenter, d’autres pourraient, au contraire, reprendre quelques couleurs. C’est le cas des comptes titres qui profiteront, dès l’année prochaine, d’une imposition plus avantageuse compte tenu de l’application du fameux PFU (Prélèvement Forfaitaire Unique) de 30 %. Il pourrait, en effet, générer une diminution d’impôt pour bon nombre de contribuables, notamment pour les plus gros. L’imposition de ces derniers serait alors divisée par deux.

Mais si vous détenez des titres depuis plus de huit ans, il est fortement recommandé de les vendre avant le 31 décembre 2017. Pour quelle raison ? Parce qu’actuellement, vous pouvez profiter d’un abattement de 65 % sur la plus-value.

8. Faire un don

Versements de sommes d’argent, dons en nature, versements de cotisations, abandon de revenus ou de produits, frais engagés dans le cadre d’une activité bénévole… Si vous souhaitez soutenir une association ou faire un don à une fondation (c’est ce que l’on appelle : les dons à des organismes d’intérêt général), sachez qu’en plus du caractère philanthropique de votre démarche, vous serez financièrement récompensé.

A la clé : un taux unique de réduction de votre imposition porté à 66 % qui s’applique sur tous vos versements (qu’il s’agisse de dons ou de cotisations consentis sans contrepartie).

A noter également que la réduction maximale pour ce type de placement ne peut excéder 20 % de vos revenus imposables. Et si vous choisissez de verser des subventions aux organismes sans but lucratif d’intérêt général, sachez que vous pouvez, là encore, bénéficier d’une réduction d’impôt. Il vous suffit, pour ce faire, de justifier votre investissement par un reçu.

9. Effectuer une défiscalisation efficace en Outre-mer

Investir dans des PME ou des logements sociaux situés en Outre-mer en vue de diminuer votre imposition l’année suivante… Tel est, là encore, l’objectif de cette opération qui récompense les contribuables ayant réalisé ce type montage en 2017 au travers d’une réduction d’impôt attractive dès 2018.

En principe, il existe différents dispositifs, mais le plus connu – la loi Girardin - sera prolongé jusqu’en 2020 dans trois départements et régions (Guadeloupe, La Réunion et Mayotte), ainsi que dans deux collectivités (Guyane et Martinique). Il sera, dans tous les cas, progressivement remplacé par un crédit d’impôt à partir du 1er janvier 2018.

Si vous vous acquittez mensuellement de plus de 2 500 euros d’impôts, ce dispositif constitue une niche fiscale particulièrement intéressante à plus d’un titre. D’abord, compte tenu de son plafonnement exceptionnel porté à 18 000 euros, ensuite parce que la réduction de votre impôt est effective dès l’année suivant la souscription.

Pour quel rendement ? Avec la loi Girardin, la réduction d’impôt oscille entre 110 et 120 % des sommes investies. Ce qui, très concrètement revient à investir 53 500 euros en 2017 et à diminuer votre imposition l’an prochain de 60 000 euros ! Vous gagnez donc entre 10 et 20 % par rapport à votre mise.

10. Acheter un véhicule non polluant

Des mesures ont été prises par l’Etat pour vous permettre de remplacer votre vieille voiture par un véhicule "propre" dénommé de la sorte parce que fonctionnant, en partie au moins, au GPL, au GNV ou à l’électricité. L’objectif ? Réduire l’émission de gaz polluant ou à effet de serre.

Pour vous récompenser, un crédit d’impôt de 2 000 euros vous est offert et se soustrait au montant de vos impôts sur le revenu. Si vous n’avez pas à vous en acquitter ou que vous payez moins de 2000 euros d’impôt sur le revenu, sachez que ce crédit d’impôt fonctionne malgré tout. L’excédent vous est donc remboursé.

Quelles conditions ? Pour bénéficier de ce système, votre véhicule doit dater d’avant 1997 s’il s’agit d’un moteur essence, d’avant 2001 s’il est question d’un diesel.

Votre nouvelle voiture devra, de son côté, porter la fameuse vignette Crit’Air 0, 1, ou 2. Idem si vous optez pour une occasion. Il importe, dans ce cas, simplement que le véhicule choisi dispose d’un moteur essence et qu’il soit immatriculé après le 1er janvier 2006. Si vous optez pour une voiture d’occasion diesel, votre véhicule doit être immatriculé après le 1er janvier 2011 

En vidéo - Idées de placements: Est-il encore temps de défiscaliser ses revenus 2017 ?