Retour à la réalité

Les années se sont écoulées et Pierrot a appris à vieillir entre quatre murs. Mais il ne considère pas sa longue incarcération comme un facteur de vieillissement précoce. Ses trente-deux ans passés dans une cellule lui ont même permis de devenir un lecteur acharné. Il a dévoré des livres par milliers, de Stendhal à Hugo, en passant par Camus, Zola ou San Antonio. Pierrot, l'immobile, assimile volontiers les livres à des compagnons d'évasion : "Au début, les livres étaient un moyen de me cultiver. Lorsque je suis rentré en prison, je n'avais fait qu'une quatrième et j'étais donc assez inculte. En me plongeant dans les bouquins, je me suis ouvert l'esprit. J'ai fini par lire tout ce qui me tombait sous la main. C'était devenu un moyen de m'évader. Lorsque je m'immergeais dans un livre, je n'étais plus en prison le temps de la lecture."

Pierrot s'est longtemps rattaché à l'imaginaire de la littérature. Aujourd'hui, il doit affronter la réalité de la vie. La voie de la rédemption reste sinueuse. Il s'avoue peu en phase avec l'évolution des mentalités : "Je me sens complètement marginalisé. Quand je ne suis pas avec des voyous, je m'ennuie. J'ai un mode de pensée atypique par rapport aux gens". Après avoir retrouvé femme et amis, le sexagénaire veut se ranger. De toute façon, il reconnaît ne plus avoir l'âge pour faire les quatre cents coups. L'heure de la retraite a sonné.

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