DRCreative Commons
Cet art de vivre basé sur le contact avec la nature pourrait bien s'imposer comme la future tendance bien-être en France.
Sommaire

Friluftsliv : des origines scandinaves

La France a découvert l’année dernière le hygge (prononcez hou-ga). Originaire du Danemark, c’est un art de vivre qui place au centre les relations avec ses proches, amis, et famille avec qui il est de bon ton de passer du temps ensemble, souvent à la maison, pour discuter, boire un café ou s’essayer à un loisir créatif. De nombreux livres, dont celui de Meik Wiking, Le livre du hygge (First Editions), ont connu un franc succès en France et cette philosophie danoise constitue une recette possible du bonheur quand elle est bien appliquée. Aux Pays-Bas, le Gezellig reprend des principes similaires et de même pour le Cwtch, au Pays de Galles ou encore le Lagom suédois qui a pour ambition de rendre la vie quotidienne plus lente et donc plus appréciable. Le Friluftsliv (prononcez freelouftliv) vient lui aussi d’un pays scandinave, c’est un art de vivre propre à la Norvège. Le terme aurait été mis en lumière par le dramaturge Henrik Ibsen, subjugué par la beauté sauvage de la nature norvégienne. Dans son poème "Sur les hauteurs", il écrit en 1859 : "Remonter les courbes du sentier étroit, il mène au petit bois, mais derrière moi, fjord et val dans un clair de lune brumeux…".

A lire aussi : Croatie : 14 sites parmi les plus somptueux d'Europe

Friluftsliv : la communion avec la nature

Les Norvégiens possèdent eux aussi leur mot pour désigner l’art de se cocooner : koselig (prononcez "ko-seli"). Toutefois, il s’applique principalement en hiver, lorsque les températures descendent en dessous de 0°C. L’idée est de rester chez soi, d’allumer des bougies, de faire un bon feu de cheminée, de déguster des roulés à la cannelle avec un verre de vin chaud (à consommer avec modération). Toutefois, les Norvégiens, peuple très axé sur les méthodes pour accéder au bonheur, ont inventé un mot pour désigner l’art de vivre qui correspond à la période estivale : le friluftsliv. La traduction littérale serait : "la vie a l’air libre", et tous les Norvégiens le pratique du bambin de moins de un an au senior. Il s’agit simplement de passer un maximum de temps dehors, au contact de la nature, en osmose avec les éléments qui nous entourent. Les spécialistes locaux s’accordent sur un même point : le friluftsliv est physiquement et moralement bon pour la santé, mentale comme physique. L’avantage que possèdent les Norvégiens sur d’autres peuples, c’est que chez eux, la nature est omniprésente et par conséquent, tout le monde y a accès. Le pays compte une population de 5 millions d’habitants (67 millions en France) pour une surface qui fait les trois quarts de celle de la France. Il est donc possible de profiter à loisir des fjords, forêts, lacs, cascades, glaciers, montagnes, rivières, tout en conservant un espace vital immense.

Mode d’emploi pour réussir son friluftsliv

La recette de ce bonheur simple à la norvégienne réside dans la cohabitation avec la nature. Concrètement, ce sont les Norvégiens eux-mêmes qui le racontent le mieux. "Je pars chaque été dormir dans une tente, dans une forêt ou sur les montagnes. On fait du VTT, du kayak ou de la randonnée. Ce n’est pas grand-chose, mais le simple fait de respirer l’air pur fait beaucoup de bien", raconte Nora Fossem Nygaard, une habitante d’Oslo. La capitale norvégienne elle-même est située dans un carrefour naturel sublime ou la montagne et la mer se côtoient. Aux portes de la ville et directement accessible depuis le centre-ville par les transports en commun, l'Oslo Summerpark est le cadre rêvé pour une verte escapade. Marcher des heures dans la forêt, pêcher dans un fjord, cueillir des baies, dormir à la belle étoile, la recette du bonheur à la sauce norvégienne est simple et ne nécessite pas un grand budget. De plus, le Friluftsliv peut se pratiquer à plusieurs (couple, famille, groupe d’amis,...) et permet ainsi de créer des souvenirs collectifs et de renforcer les liens interpersonnels. Mieux, le grand air permet de se recentrer, de s’écouter, de se reconnecter à ses émotions et de trouver la paix intérieure, des préceptes que beaucoup recherchent aujourd’hui en s’offrant les services de thérapeutes ou en s’exerçant à des activités parfois très onéreuses. Et si finalement, le bonheur était effectivement dans le pré ?