La chaîne CNN elle-même a confirmé qu’il y aurait eu un échange téléphonique "terrible" entre Macron et Trump : si cela est vrai, cela en dit long sur l’incompétence, pour ne pas dire l’imbécillité, de notre président.

Sur la forme d’abord : épousseter le veston luxueux d'Emmanuel Macron voulait dire clairement que DonaldTrump ne le prend pas au sérieux ; dans un tel contexte, si Emmanuel Macron s’est permis des critiques "offensantes", il est normal que la réaction de Donald Trump fût assez vive, comme quand on "envoie balader un petit con".

Mais l’important est ailleurs. Cette situation me rappelle le discours de Dominique de Villepin à l’ONU, le 14 février 2003, demandant à George W. Bush de ne pas intervenir en Irak. Sur le fond, la France de Jacques Chirac avait raison : la suite de l’histoire l’a incontestablement prouvé. Mais le discours précité était mal ciblé : monsieur de Vilepin voulait surtout se faire mousser "nous, vieux pays, la France ...". Au lieu de cela, il eût fallu aller à l’essentiel : que fera-t-on après l’anéantissement de Saddam Hussein ? Faut-il préserver les structures en place en Irak ? Rappelons que, en 1945, les États-Unis souhaitaient installer, en France, une administration à leurs bottes ; c’est de Gaulle qui a su s’y opposer ; c’est d’ailleurs lui qui avait demandé aux préfets – y compris Papon - et aux sous-préfets de rester en place, malgré le régime de Vichy, pour préparer l’avenir.

De même, aujourd’hui, au lieu de jouer les petits coqs, pour ne pas dire …, il faut analyser froidement la situation : à qui profite un embargo sur l’Iran ? La réponse, que l’on trouve dans tous les médias, est évidente : à la Chine. Est-ce une bonne chose pour les États-Unis d’affaiblir l’Europe au profit de l’Empire du Milieu ? C’est cela qu’il faut argumenter, d’abord auprès de CNN, avec calme, modestie et compétence. On peut y ajouter des suggestions constructives pour que les entreprises américaines trouvent, elles aussi, un bénéfice dans une normalisation équilibrée : j’ai déjà dit que cet aspect des négociations est crucial pour Donald Trump (voir mon billet du 18 mai, "Trump, la Corée et l’Iran").

Notre président est un faux dur, un don Quichotte de pacotille, qui cède partout sur le fond : à Notre-Dame-des-Landes, à la SNCF – les avantages proposés aux syndicats sont affolants, sur les crédits militaires repoussés aux calendes grecques, etc. Ajoutons à cela qu’il est de droite, mais pas la bonne.