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"''Le lion est mort ce soir...''"Premier cachet. Premier engagement place Pigalle avec un certain manouche du nom de Django Reinhardt. Le pauvre Henri essaye de le suivre dans ses improvisations endiablées. Mais cela va trop vite. A part dans "''Nuage''", et dans ces "ballades" qui l'accompagneront toute sa vie. "''C'était un type inoubliable, généreux et gentil. Ce qui ne l'empêchait pas de se mettre de côté pour que je ne lui pique pas ses accords. Il ne se rendait pas compte qu'il exécutait avec un doigt ce que je n'ai jamais pu faire avec quatre.''" Au Jimmy's bar de Montparnasse, Henri enchaîne les jam-session avec Lester Young, Benny Carter ou Eddy Louis. Avec un succès certain. Mais au moment où il commence à devenir professionnel, il est mobilisé à Jouey-en-Josas.

Démobilisé en 40 à l'issue de la drôle de guerre, il s'enfuit, grâce à des faux papiers en zone libre. "''Noir de peau''", Henri Salvador porte sur lui son "''étoile jaune''". Il s'embarque avec l'orchestre de Ray Ventura pour une tournée en Amérique du Sud. "''Il avait réussi à négocier, à Vichy, 25 passeports pour ses musiciens. Cela m'a sauvé la vie. Nous jouions au casino d'Urca. On passait après des cracks comme Bing Crosby. Au début, l'accueil a été glacial. Puis on a fini par faire un triomphe.''" Pourtant, débute la période la plus sombre de son existence. Le chanteur tente une carrière solo, mais il est menacé d'être dénoncé à la police par le patron du casino. Salvador survit en vendant, pour quelques centavos, des bouteilles vides de Coca Cola ! Plus tard, il sera payé aux centuples en apprenant, bien des années après, qu'il avait inspiré à Antonio Carlos Jobim, rien de moins que la bossa nova. "''Il était allé voir au cinéma un film d'Alessandro Blasetti où j'interprétais ''"Dans mon île"'' à la guitare en 1957. Il se serait alors exclamé : ''"Voilà ce qu'il faut faire. Ralentir le rythme de la samba"''. Alors tu parles si je suis fier...''"

"Le petit français""''Le petit français''", comme il se surnommait lui-même avec une pointe d'accent titi parisien, avait également la fierté d'avoir ramené dans ses bagages d'Amérique, sous le pseudonyme d'Henri Cording, le Rock and Roll. Au départ, une boutade de collégien avec l'autre grand complice de sa vie, Boris Vian : "''Nous deux, ça a collé tout de suite et l'on ne s'est plus quitté jusqu'à sa mort. On a écrit une cinquantaine de chansons, comme cela, l'air de rien.''" Il lui disait : "''Allez, on va faire un blues. Joue. J'improvisais. Je n'avais pas terminé le morceau que le texte était déjà achevé. C'était un génie. Et puis, un jour, Boris a disparu. Alors, là mon vieux, j'ai pleuré. J'ai jamais autant pleuré.''" Et puis un autre jour, Henri a disparu. Alors là, on pleuré. On n'a jamais tant pleuré...

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"Le lion est mort ce soir..."

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