Trump superstar

Le sommet de Singapour ouvre une "nouvelle ère" affirme Donald Trump : incontestablement et à de multiples points de vue. Notons d’abord le soutien chaleureux de la Chine : la connivence entre Donald Trump et Xi Jinping, le "nouveau Yalta" que l’on a souvent signalé, est ainsi officialisée.

Mais il n’y a pas que cela ! Kim Jong-un assure que sa priorité est la protection de son régime : cela n’est peut-être pas faux ; après les chutes de Hosni Moubarak, de Saddam Hussein et de Mouammar Kadhafi, les dictateurs ont bien compris qu’il leur fallait un bouclier pour assurer leur survie ; Bachar el-Assad s’appuie sur des alliances à l’opposé des grandes démocraties occidentales.

Or, semble-t-il, et cela peut devenir passionnant, Donald Trump propose à Kim Jong-un des "garanties mutuelles" de protection : si cela se confirme, c’est un tournant majeur dans les relations internationales ; une grande puissance occidentale, et non la moindre, accepte de "protéger" un régime qui est l’un des plus sanguinaires et les plus anti-démocratiques qui soit ; c’est de la realpolitik, à l’opposé de la "naïveté" de Barak Obama ; le président Trump fait passer la paix nucléaire mondiale avant les droits de l’homme dans un pays qui n’est pas le sien.

Mais alors, pourquoi ne pas faire de même avec l’Iran ? Parce que la situation géopolitique n’est absolument pas la même ; Donald Trump sait que la Corée du Nord est contrôlée par la Chine et ne saurait devenir, seule, une grande puissance ; l’Iran, au contraire, est en train de devenir, avec la Turquie, l’une des puissances majeures au Moyen-Orient, qu’elle soit nucléarisée ou non ; les inquiétudes d’Israël sont donc tout à fait justifiées.

N’oublions pas non plus, comme on l’a noté précédemment, que "l’accord sur le nucléaire iranien" s’est fait au détriment des entreprises américaines alors que la Corée du Nord manque de tout et pourrait être un excellent débouché pour certaines susdites entreprises.

Il va sans dire que ces manœuvres de haut vol sont à des années-lumière des petits combats de coqs des Macron et autre Trudeau ; reste la question de fond : faut-il tolérer un dictateur pour ne pas l’inciter à rechercher des soutiens et des alliances avec pire que lui ? En ce qui concerne cet autre dictateur que l’on appelle Recep Tayyip Erdogan, il semble que "l’Europe" ait mis ses "droits de l’homme" au frigidaire.    

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