Certains commentateurs voient en Donald Trump un "fou" versatile et inconsistant : je suis en total désaccord avec une telle analyse. Je crois, au contraire, que Donald Trump est un renard efficace avec une seule ligne directrice : "America first" ; ce qui doit être traduit par : "les entreprises américaines d’abord".

Sur le plan international, sa première "décision" a été de s’entendre avec son homologue chinois : évidemment, les termes de leur accord sont secrets.

L’évolution de la Corée du Nord s’inscrit dans ce processus ; Kim Jong-un croit astucieux de mettre un semblant de pression sur Donald Trump : celui-ci a clairement fait comprendre, autant par ses mimiques que par ses paroles, qu’il ne prenait pas au sérieux ces gamineries ; ce qui compte, ce seront les résultats finaux : une dénucléarisation et une ouverture de la Corée du Nord comme débouché pour l’industrie américaine seraient un succès pour Donald Trump.

Quoique différent, le cas de l’Iran est tout aussi limpide : l’accord actuel ne convient pas à Donald Trump car il se fait au détriment des entreprises américaines ; et c’est bien ce qui inquiète les entreprises européennes dans le rejet de cet accord. En clair, Donald Trump pense, et il n’a peut-être pas tort, que, dans ce dossier, Barack Obama "s’est fait avoir", pour rester poli. Le dossier est tellement mal engagé que la seule solution, du point de vue de Donald Trump, est de tout remettre en cause pour repartir sur des bases "saines" ; la priorité est de tempérer les ardeurs des entreprises non américaines par des contraintes financières : le gâteau iranien est fabuleux et l’Europe ne peut pas lutter contre le géant américain. Or, quoi qu’il en soit, dans cette remise à plat, monsieur Trump a beaucoup à gagner et presque rien à perdre. Plus précisément, son aura de "démocrate éclairé" peut pâlir mais son prestige de VRP ne peut que s’affirmer.

Peut-on croire un seul instant que ce Président des États-Unis n’est pas pris beaucoup plus au sérieux par ses homologues chinois ou russe que ne le fut son prédécesseur Barack Obama. La Chine poursuit ses implantations, et pas seulement en mer de Chine. Vladimir Poutine inaugure, avec son goût du spectacle pour le petit peuple, un pont qui relie la Russie et la Crimée, officialisant ainsi, un peu plus, l’annexion de celle-ci ; plutôt que de protester, nos vieilles démocraties devraient s’interroger sur la corruption qui mine certains pays "pro-européens", voire européens, et qui incite à choisir, de préférence, l’ordre de la dictature russe : au moins, là-bas, la distribution des bakchich est organisée et contrôlée.