L'organisme de réflexion lié à Matignon, France Stratégie, a calculé les conséquences économiques de l’abandon de l’espace Schengen pour notre pays. 

La fermeture de l’espace Schengen, jusque-là restée à l’état de menace est devenue une réelle piste de réflexion pour la Commission européenne. Alors que des milliers de migrants tentent de rejoindre l’Europe au péril de leur vie, la libre circulation entre les territoires est dangereusement remise en question. D’après le journal Le Monde, France Stratégie, organisme de réflexion lié à Matignon, a établi et publié, ce mercredi, les conséquences qu’aurait une telle mesure. "Il est évident que le système actuel ne fonctionne plus. Les discussions actuelles reviennent à remettre en cause la réalité de l’espace Schengen, et pourraient aboutir à un rétablissement général des contrôles aux frontières", explique Jean Pisani-Ferry, le commissaire général de France Stratégie

Un coût considérable pour la France

Le 27 janvier, la Commission européenne a lancé une procédure afin de rétablir les contrôles à certaines frontières intérieures de l’Union pendant deux ans. Son objectif étant de maîtriser le flux des 1,2 million de réfugiés entrés sur le territoire en 2015. France Stratégie tente d’évaluer les conséquences possibles : "Si les considérations d’efficacité et de sécurité sont naturellement celles qui comptent le plus dans le contexte actuel, il n’est pas possible d’ignorer les conséquences économiques qu’aurait un éventuel abandon des accords de Schengen".

Pour la France, "à court terme, le coût direct serait d’un à deux milliards d’euros, suivant la fréquence des contrôles aux frontières", explique France Stratégie. La moitié du coût serait due à une baisse de la fréquentation par les touristes, dissuadés de voyager en raison des files d’attente aux principaux points de passages des frontières, rapporte Le Monde.

Ainsi, 38 % du coût proviendrait des conséquences sur les 350 000 travailleurs frontaliers allant quotidiennement en Belgique, en Allemagne, au Luxembourg, en Suisse ou en Espagne. Aussi, 12 % seraient imputés au coût sur les transports de marchandises.

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Selon France Stratégie, "pour les usagers, le contrôle des frontières est assimilable à une taxe sur les déplacements et les transactions commerciales." Ajoutez à cela, entre autres, la baisse des exportations et la perte sera plus élevée. A long terme, c’est tout le commerce entre pays de l’espace Schengen qui serait affecté, estime l'organisme.

Vidéo sur le même thème : Brunet & Neumann: Crise des migrants et fermeture de la frontière allemande: Faut-il suspendre Schengen ? - 14/09

mots-clés : Espace schengen, France

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