Officiellement, c'est le dernier ressortissant français retenu en otage. Présenté au moment de son enlèvement comme "géologue", la presse avait évoqué la possibilité que l'homme soit en fait un mercenaire tout comme l'homme avec lequel il se trouvait au moment du rapt, Philipe Verdon.
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Avec la libération le week-end dernier des quatre otages en Syrie et l’annonce hier de la mort de Gilberto Rodrigues Leal, Serge Lazarevic est considéré comme le dernier otage français dans le monde. Ce dernier a été capturé le 24 novembre 2011 en compagnie de Philippe Verdon, retrouvé mort en juillet 2013 d’une balle dans la tête. Les deux hommes ont été enlevés par AQMI alors qu’ils étaient en voyage d’affaires en vue de faire construire une cimenterie dans les environs de Hombori, dans le nord du Mali.

Chef de chantier ou agent de renseignement ?

Selon les ravisseurs, cela ne fait aucun doute, Philippe Verdon et Serge Lazarevic appartenaient tous les deux aux services secrets français. Dans un premier temps, la presse hexagonale les présente comme de possibles mercenaires avant de mettre l'accent sur leurs activités professionnelles d'hommes d'affaires. Selon Pascal Lupart (président du comité de soutien), l'homme avait un moment dirigé une entreprise de sécurité à Paris avant de travailler en tant que chef de chantier dans le secteur de la construction.

Lorsque l’on se penche sur la presse spécialisée, on apprend que le dernier otage français (franco-serbe plus précisément), ou alors son "homonyme", était connu des services de sécurité. Le journaliste spécialiste des questions de défense Jean-Dominique Merchet expliquait sur son blog que Serge Lazarevic était "impliqué, durant les années 90, dans un reseau en Serbie, baptisée "Araignée". Il aurait alors été en contact avec la DST (aujourd'hui DCRI). Lazarevic a également été impliqué dans le recrutement de mercenaires yougoslaves pour le président zairois Mobutu".

Et le journaliste de renchérir "pour sa part, le nom de Verdon a été cité lors d'une tentative de coup d'Etat aux Comores, en 2003". Pour ce spécialiste, Serge Lazarevic présente sans conteste un profil de mercenaire comme il en existe beaucoup en Afrique. Selon lui, les deux hommes auraient été dépêchés sur place pour protéger une cimenterie et soutient qu’ils ne "travaillaient pas pour la DGSE" dans la mesure où celle-ci aurait appris leur présence au Mali qu'au moment de l'enlèvement. Autre fait que la presse souligne souvent, le président du comité de soutien de Serge Lazarevic, Pascal Lupart, est un ancien des forces spéciales.

Les autorités maliennes avaient fait part de leur étonnement constatant que les deux hommes ne s’étaient présentés "ni à l’ambassade, ni au consulat, ni sur le cahier de l’hôtel". Présenté comme un colosse 1.98 mètre et 120 kilos au profil paramilitaire, l'homme n'est depuis apparu que dans une seule vidéo qui avait a été transmise à la famille quelques mois après le rapt. Sa fille Diane Lazarevic avait dans un premier temps accusé le gouvernement "d'oublier" le cas de son père. Après sa libération en octobre 2013, l'ex-otage Thierry Dol avait affirmé avoir vu Serge Lazarevic "en bonne santé" pendant sa captivité. C'est alors la dernière fois qu'il a été aperçu vivant.

Vidéo : Retour en France des quatre ex-otages en Syrie

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