Afin de défendre l'annulation de la dette grecque en réaction à la victoire en Grèce d'Alexis Tsipras, Jean-Luc Mélenchon a pointé les réparations de guerre qui selon lui n'ont jamais payées par l'Allemagne.

On le sait, les politiques aiment convoquer l’histoire et ce, de façon plus ou moins pertinente. Et ce lundi 26 janvier, c’est au tour de Jean-Luc Mélenchon de verser dans le parallèle historique. Au menu, la dette grecque et le possible effacement de celle-ci comme ceci est préconisé par le parti grec Syriza, sorti victorieux hier des législatives en Grèce. Invité sur France 2 pour réagir à la victoire de cet allié politique du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon a rappelé que la réussite d’Alexis Tsipras dépendra de l’annulation de cette dette.

Et, afin de railler le refus catégorique de l’Allemagne concernant cette épineuse question, l’ancien co-président du Front de Gauche a tenu à donner une leçon d’histoire à Angela Merkel. "Les Allemands ont occupé la Grèce et lui ont fait payer les frais d'occupation et jamais cette dette n'a été annulée. Alors si vous voulez que les Grecs payent leur dette, les Allemands doivent payer la leur" a-t-il déclaré en faisant référence à l’occupation nazie.

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Puis, pour couper court à l’argument selon lequel le nombre des années justifierait que cette dette de guerre de devrait pas être recouvrée, Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs ajouté : "on a fait payer à monsieur Poutine une dette qui datait du XIXe siècle". Et l’eurodéputé de convoquer la responsabilité historique de l’Allemagne : "les Grecs n'ont envahi personne, ils n'ont tué personne, ils n'ont occupé aucun autre pays. Alors on ne va pas les traiter plus durement que des peuples qui ont fait tout ça" a-t-il déclaré.

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La question de la dette allemande vis-à-vis de la Grèce est un débat qui divise économistes, politiques et historiens. Pour certains, en ratifiant le traité de Londres (1953), Athènes a sciemment renoncé de fixer le montant de ces réparations de guerre. Pour d’autres, la Grèce n’a pas eu son mot à dire lors de ces négociations dans la mesure où sa voix pesait peu dans le nouveau concert de nations (ce qui a joué en sa défaveur).

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En 1990, quand l’Allemagne acte son processus de réunification, la mention "traité de paix" ne figure pas dans le traité de Moscou signé par les différentes parties. "Une des conditions figurant dans l'accord de 1953 pour d'éventuels remboursements" explique Le Monde. De fait, l’Allemagne n’est légalement pas tenue de rembourser ces réparations de guerre dont le montant fait lui aussi débat.

Pour Jean-Luc Mélenchon, mais aussi pour d’autres comme Daniel Cohn-Bendit, cette obligation se place dans le champ de la morale plus que sur le terrain légal.

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