Migrants : l'accord sur les désaccords

Le dernier sommet des chefs d’états européens marque une date dans la diplomatie internationale : nos hauts responsables ont constaté leurs désaccords sur tout, mais ils l’ont fait dans l’allégresse ; avouez que cela modifie le cours de l’Histoire et que cela est plus sympa que la guerre froide ou, a fortiori, la guerre classique.

Je pense d’ailleurs que l’on devrait étendre cette nouvelle dramaturgie à l’ensemble de nos relations humaines : nous ne sommes pas d’accord ? Alleluia ! Il suffit de le constater ; la vie est belle et c’est tant mieux !  Il ne me semble pas utile de gloser sur les désaccords : ils sont profonds, souvent viscéraux, irréductibles et explicités par la plupart des médias. Qui plus est, chaque état a parfaitement raison si on suit sa propre logique.

Et les migrants ? Bof : il n’y a pas de problème qu’une absence de solution ne finisse par résoudre. Le cynisme est de rigueur et, sur ce point, notre Président est à la hauteur de l’enjeu ; il fustige l’Italie alors que la France accueille bien moins de migrants que son quota et que l’argumentation d'Emmanuel Macron repose sur un règlement archaïque et complètement absurde dans le contexte actuel. Mais le cynisme collectif est bien pire : on se contente de mesurettes et on se réjouit de la (momentanée ?) raréfaction des migrants en fermant pudiquement les yeux sur la véritable cause de ce ralentissement : l’efficacité de la Turquie et de la Libye, avec les méthodes que l’on connaît.  

Et moi, qu’est-ce que j’en pense ? J’ai suggéré, il y a déjà plus de quatre ans, des pistes de solutions à long terme, dont aucune n’est reprise à ce jour ; je reconnais, évidemment, que c’est un problème difficile. Mais, à court terme, je redis qu’il ne faut pas faire le jeu des passeurs ; on pourrait, par exemple, autoriser des ONG à "sauver" des migrants en Méditerranée, quel que soit leur lieu d’origine, à condition que ces ONG les prennent en charge jusqu’à ce que ces migrants aient acquis leur indépendance financière.

Et la coupe du monde ? Le match Espagne-Portugal était beau mais presque trop académique, voire prévisible. Le match France-Argentine fut aux antipodes : imprévisible, brouillon et pourtant magnifique ; un suspense haletant, des buts splendides, dont un fabuleux et, comme cerise sur le gâteau, la confirmation de l’arrivée au Panthéon du football d’un surdoué de 19 ans ; on en redemande !

Et parmi les migrants noyés, y avait-il un homme ou une femme ayant les capacités d’un Kylian Mbappé ou d’une Simone Veil ? On ne le saura jamais.

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