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Niches fiscales, abattements, dons à des associations, investissements, produits de défiscalisation... Si vous avez hérité de tante Jeannette et que vous êtes – jusqu'à ce que l'IFI soit véritablement instauré – assujetti à l'ISF, sachez qu'il existe aujourd'hui au moins 5 solutions vous permettant de le réduire. Tour d'horizon.
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Avec les années, vous êtes parvenu à vous constituer un patrimoine supérieur à 1,3 million d'euros. Vous êtes donc contraint de payer l'ISF. Le fait est qu'au-delà de son caractère contraignant (comme pour tout impôt au demeurant), l'ISF a le don d'en énerver plus d'un. D'abord, parce qu'il s'agit d'une taxe réservée aux foyers les plus aisés. Ensuite, parce que les personnes disposant d'un patrimoine valorisé au fil des ans ne sont pas toujours les rentiers que l'on peut imaginer. Enfin, parce que les foyers qui, vraiment, ne peuvent pas faire autrement que de s'en acquitter se trouvent taxés alors que les très grandes fortunes à l'instar des milliardaires sont, bien souvent, exonérées grâce à un mécanisme de bouclier fiscal.

Dans ce flot d'arguments anti-ISF, nombreux sont les ménages à souhaiter le minimiser. Si tel est votre cas, sachez qu'il s'avère tout à fait possible de le réduire en remettant, notamment, votre argent au service d'une économie plus productive. Comment optimiser votre patrimoine tout en limitant votre impôt sur la fortune de façon efficace ? On fait le point.

Misez sur l'immobilier

Résidence principale, LMP... Investir dans l'immobilier constitue, sans nul doute, l'une des solutions les plus connues pour limiter votre ISF. En effet, si vous êtes assujetti à cet impôt et que vous êtes propriétaire de votre résidence principale, vous bénéficiez d'emblée d'une exonération de 30 % de sa valeur. Mais ce n'est pas tout. Si vous avez pris le parti d'investir en vue de louer et que vous percevez d'importants revenus fonciers, vous avez la possibilité de profiter du statut de Loueur en Meublé Professionnel (LMP). Dans ce cas, et sous certaines conditions (être inscrit au Registre du commerce et des sociétés en tant que loueur professionnel, encaisser plus de 23 000 euros de recettes annuelles et en retirer plus de 50 % de vos revenus professionnels), il s'avère tout à fait possible d'être exonéré d'ISF.

Préparez votre retraite

Plan d'Epargne Retraite Populaire (PERP), Plan d'Epargne Retraite Collectif (PERCO), contrats Madelin, Tontine... Aujourd'hui, il existe quantité de produits qui vous permettent d'épargner pour préparer votre retraite et qui se révèlent exonérés de l'ISF à 100 %. Parmi eux, se trouve celui que l'on appelle la Tontine. Soit un produit peu connu du grand public qui détient pourtant plusieurs milliards d'euros d'encours et qui prend la forme d'un placement bloqué sur une durée prédéfinie allant de 10 à 25 ans. L'avantage avec ce type de produit tient au fait que l'on connait, dès le départ, son horizon de placement. Ce qui permet de limiter les risques et d'optimiser votre placement tout en sachant que, de manière générale, les performances affichées sont plutôt intéressantes. Le fait est que, dans l'absolu, le capital investi dans une Tontine s'avère totalement exonéré de l'ISF.

Investissez dans des PME

Certes, les PME vous permettent d'obtenir une réduction d'impôt sur le revenu, mais pas que. En effet, les Petites et Moyennes Entreprises vous donnent aussi la possibilité de bénéficier d'une réduction de votre ISF. Pour ce faire, il vous suffit d'investir directement dans cette typologie de sociétés en passant, par exemple, par des plateformes de crowdfunding. Mais il est également possible de passer par l'intermédiaire de Fonds Communs de Placements dans l'Innovation (FCPI), ou bien encore de Fonds d'Investissement de Proximité (FIP). Dans tous les cas, sachez qu'un investissement effectué dans des PME sort de votre base imposable et que la réduction d'ISF dont vous bénéficiez est portée à 50 % du montant investi (40 % dans le cas de certains fonds). Notez toutefois que le montant de cette réduction est plafonné à 18 000 euros mais que, si vous investissez à la fois dans des FCPI et des FIP, vous pouvez cumuler les deux réductions. Quant aux risques encourus, ils se révèlent importants dans la mesure où il est bien souvent question d'investir dans des entreprises en démarrage. De la même manière, il est également possible de placer vos fonds dans une holding ou d'investir directement dans le capital d'une entreprise non cotée. Là encore, vous aurez la possibilité de bénéficier d'une diminution d'ISF de 50 % sur le montant investi sauf que, cette fois, le plafonnement atteindra les 45 000 euros. Dans tous les cas, conservez bien à l'esprit que ce type de placement présente un risque de perte en capital non négligeable. Sans compter que certains marchands de défiscalisation ont tendance à surévaluer de façon quasi systématique les PME françaises dans lesquelles ils vous proposent d'investir. La prudence est donc de rigueur.

Optez pour la donation temporaire d'usufruit

Selon votre situation familiale et patrimoniale, sachez qu'il existe une autre manière de réduire votre ISF : en vous appauvrissant quelque peu ! En réalité, si vous avez des enfants, que vous possédez différents bien immobiliers et que vous acceptez de donner, de manière temporaire, l'usufruit d'un bien à l'un de vos héritiers, vous n'aurez, durant cette période, plus à intégrer le bien en question dans votre patrimoine taxable. Pour quelle raison ? Parce qu'en réalité, 100 % de sa valeur devra être déclarée par son usufruitier. L'avantage avec ce procédé, c'est qu'en tant que propriétaire du bien, vous le récupérerez quoiqu'il en soit, mais que vous serez totalement exonéré d'ISF jusqu'à la fin de cette donation temporaire. Laquelle doit être réalisée par acte notarié pour un minimum de trois années. Ici, la stratégie consiste à effectuer, par exemple, un donation temporaire d'usufruit à l'un de vos enfants (histoire de lui donner son indépendance en lui permettant de percevoir directement les revenus du bien immobilier en question). Sachez, par ailleurs, que cette manoeuvre permet non seulement de supprimer votre ISF sur ce bien, mais également votre impôt sur les revenus du bien. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'en tant que parent, vous ne le déclarez plus et qu'en général votre enfant (s'il est étudiant ou s'il démarre dans la vie active) est, a priori non imposable, ou très peu. Pour rappel : le fait de posséder la nue-propriété d'un bien consiste à détenir un appartement ou une maison dont vous ne jouissez pas. L'usufruitier devient la personne qui le possède. Il peut ainsi l'habiter ou le louer selon ses souhaits et sa situation.

Faites un don

La dernière option qui s'offre à vous si vous souhaitez réduire votre ISF de manière significative consiste à faire un don à des fondations d'utilité publique ou bien à un organisme d’intérêt général agréé de type Fondation de France ou bien encore à la Fondation des Apprentis d’Auteuil par exemple. Dans ce cas, sachez que votre diminution d’ISF sera portée à 75 % et plafonnée à 50 000 euros. A noter enfin que, si vous choisissez d'effectuer à la fois des dons à des organismes et que vous souhaitez, dans le même temps, investir dans une ou plusieurs PME, la réduction maximale de votre ISF sera plafonnée à 45 000 euros. Le plafond étant alors commun à ces deux réductions. Dans tous les cas, sont éligibles à ce dispositif de réduction des organismes tels que les établissements de recherche ou d'enseignement supérieur ou d'enseignement artistique publics ou privés, des organismes d'intérêt général, à but non lucratif ; les fondations reconnues d'utilité publique ; les entreprises d'insertion et de travail temporaire d'insertion ; les associations intermédiaires ; les ateliers et chantiers d'insertion ; les entreprises adaptées ; les groupements d'employeurs qui bénéficient du label GEIQ ; l'Agence nationale de la recherche ; ainsi que les fondations universitaires et partenariales.