Il fut un temps où les contribuables ne payaient pas d’impôt sur le revenu. Ce qui ne les empêchait pas d’être soumis à des taxes portant notamment sur les portes et les fenêtres. 

L’idée d’imposer les Français sur ce qu’il gagne ne date pas d’aujourd’hui. Sa création est évoquée dès 1848, sous la Seconde République. Mais, après la chute du Second Empire, la création de cet "atroce impôt", selon la formule d’Adolphe Tiers, est rejetée.

Il faudra attendre 1907 pour que Caillaux, ministre des Finances du gouvernement Clemenceau, dépose à la Chambre des députés un projet de loi proposant de créer des impôts sur les revenus : traitements, pensions, valeurs, revenus agricoles, industriels et commerciaux... En langue administrative de l’époque, ces différents revenus sont appelés des "cédules". Pour faire bonne mesure, Caillaux ajoute un impôt progressif sur le revenu global pour les revenus supérieurs à 5000 francs. Le texte est voté mais la chute du gouvernement empêche son application.

C’est le même Caillaux qui présentera un nouveau projet quelques années plus tard, alors qu’il a retrouvé le portefeuille des finances en 1914 dans le gouvernement Doumergue. Un scandale le forcera à démissionner et le projet s’enlise une nouvelle fois.

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C’est finalement en 1914, dans le gouvernement Viviani, que l’impôt sur le revenu est voté en raison de la dégradation de la situation des finances publiques. Le mouvement est parti et, cette fois, rien ne pourra l’arrêter.

Un siècle plus tard, la tranche supérieure de cet impôt payé par moins d’un ménage français sur deux culmine à 45 % alors que le pourcentage initial n’était que de… 2 % !

En vidéo - L'IFI est-il véritablement un impôt gagnant/gagnant par rapport à l'ISF ?

 

 

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