Selon une étude de l'Insee publiée ce vendredi 14 novembre, les aides personnalisées au logement (APL) profitent surtout aux propriétaires.
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Ce n’était probablement pas l’effet désiré. En créant les aides personnalisées au logement (les fameuses APL), l’Etat visait à améliorer l’accessibilité à la location. Oui, mais voilà. Selon une étude de l’Insee rendue publique ce vendredi 14 novembre, ces aides ont un effet secondaire pervers.

En effet, ces allocations, qui représentaient un budget de 15.8 milliards en 2012, feraient monter les prix de l’immobilier dans certaines zones. Comme l’explique l’étude, ce sont les propriétaires qui profiteraient de ce coup de pouce aux locataires en augmentant les loyers. Logique : comme le pouvoir d’achat des locataires est renforcé, les bailleurs répercutent cette aide sur les prix.

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Cette logique inflationniste touchant le parc privé avait déjà été observée dans des études précédentes. En effet, comme le rappelle Le Monde, un rapport de 2005 indiquait que la part de l’aide absorbée dans l’augmentation des loyers se situait entre 60% et 80%. Alors faudrait-il arrêter le versement des APL ? Rien n’est moins sûr.

Cité par 20 Minutes, l’un des co-auteurs de l’étude explique : "Il est vrai que l’étude démontre que la hausse de ces allocations a entraîné une hausse du prix des loyers dans le privé. Mais absolument rien ne permet à ce jour d’assurer qu’à l’inverse, une baisse du montant des aides au logement en France permettrait de faire baisser les prix".

Autre dysfonctionnement constaté, les APL ne permettent pas d’accéder à des logements de meilleure qualité alors que c’était l’un des objectifs de ce dispositif. "Elles sont censées augmenter la capacité de logement des ménages les plus modestes mais une partie de cette capacité est annulée par la hausse des prix et bénéficie directement aux bailleurs" poursuit Corentin Trevien dans 20 Minutes. En outre, l’étude explique que les loyers sont en moyenne 5% plus chers dans les villes où les aides sont les plus élevées.

Selon un reportage diffusé sur France 2, certains propriétaires se servent allègrement des APL pour augmenter les loyers tout en expliquant aux locataires qu’en définitive, le prix "réel" du loyer reste raisonnable. Ainsi, pour un studio à 660 euros par mois, la propriétaire explique à la personne intéressée : "Je vous fais un contrat classique où vous avez au moins 200 euros (d’aides ndlr) donc ça vous fait 460 euros". Cet exemple montre que dans le secteur privé, les aides destinées à soulager les locataires vont directement dans les poches des propriétaires…

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