Les vrais problèmes n’attendront pas les pics du réchauffement

Les projections climatiques conduisent à toutes les catastrophes et à leurs contraires. Les rapports du GIEC mettent en lumière les hypothèses des prêcheurs de l’Apocalypse, négligeant les rétroactions aux effets rééquilibrants. Par exemple, les masses de vapeur d’eau stagnant dans l’atmosphère arroseraient en pluies tropicales les zones sèches, transformant les déserts en jungles luxuriantes. Or la végétation dense, aussi appelées "puit à carbone", absorbe le CO2 et réduit l’effet de serre.

Pour autant, le réchauffement ne sera pas une bénédiction du ciel, car nous avons plus à craindre des réactions des hommes et de leurs activités que du phénomène en lui-même. Si l’économie mondiale ne retrouve pas la croissance, les investissements promis au développement durable seront sacrifiés aux urgences d’une économie de survie. Le premier effet sensible du réchauffement sera la baisse des rendements agricoles dans les zones tempérées. Produire à tout prix, avec n’importe quelle source d’énergie disponible (propre ou sale), deviendra l’unique priorité. Avant que les glaciers ne fondent, l’humanité va manquer d’eau douce. Durant l’été 2050, on s’inquiétera moins des 40° à l’ombre en région parisienne que des coupures d’eau du robinet. La géopolitique de la soif peut dégénérer en conflits pour l’eau potable plus dévastateurs que les guerres pour le pétrole. Déjà en 2012, l’Inde envisageait le projet d’un barrage afin de compenser la baisse inquiétante du débit de l’Indus. Aussitôt le Pakistan réagissait en arguant que ce barrage le priverait d’un accès vital à l’eau. Rappelons que ces deux pays sont des puissances nucléaires.

L’espèce humaine, ultime variable d’ajustement

Comment donner à boire et à manger aux 15 milliards d’êtres humains attendus sur Terre en 2050 ? L’équation de la démographie galopante reste négligée, y compris par le discours écologiste qui s’interdit de placer le contrôle de la natalité comme une priorité du développement durable. Un monde sans croissance économique, frappé par l’épuisement des ressources subvenant aux besoins fondamentaux, peut-il accepter un doublement de sa population programmé pour les 35 prochaines années ? Quand se posera la question vitale résultant de cette simple donnée, la stigmatisation des OGM, de la qualité de l’air, ou des deux degrés supplémentaires apparaîtront comme des angoisses obsolètes.

En attendant la guerre de l’eau, une autre guerre climatologique a déjà commencé, celle des espèces vivantes. Sur la terre, dans les airs et sous les mers, la biodiversité connaît des bouleversements majeurs. Les écosystèmes se déplacent provoquant des flux migratoires inédits, des extinctions ou des apparitions imprévisibles d’espèces invasives. Des algues tueuses, des poissons en surnombre et des insectes inconnus colonisent de nouvelles latitudes. La déforestation pousse vers les zones peuplées des espèces jusque-là confinées. Ces modifications discrètes de notre environnement immédiat ne seront pas sans conséquences à court terme. La maladie de Lyme, la bilharziose, le paludisme et la dengue ont déjà franchi les frontières avec leurs parasites propagateurs. Une épidémie inconnue d’origine animale est prise au sérieux par les virologues, et sa mutation vers l’organisme humain est peut-être déjà en cours. En raison son caractère inédit et soudain, une telle contagion serait incontrôlable.

La guerre et la peste se présentent en apéritif des changements climatiques modélisés par les experts. La facture se paiera en dizaines de millions de morts. C’est le paradoxe cynique du réchauffement qui rétablira les équilibres écologiques de la planète utilisant notre espèce comme variable d’ajustement

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